CHAPITRE PREMIER
De la »Bes*e pontificale au trône.
ARTICLE PREMIER
1. Le trône. Nous avons vu, p. 156, comment doit être placé le siège de l'Évêque. On y monte par trois degrés, qui sont recouverts de tapis. Ce trône est élevé et doit être immobile. On le décore de soie de la couleur du jour, mars jamais d'étoffe d'or, à moins que l'Évêque ne soit Cardinal 6. On peut
1 S. C, 16 mai 4626. Gardel., 486 ou 633, in Pennen. 40 mai 4642. Gardel., 4228 ou 4375, ad 5, in Caslellaneten. 46 sept. 4645. Gardel., 4392 ou 4540, in Grossetana. — * S. C., 6 déc. 4634. Gardel., 798 ou 947, Incerli loci. — 3 S. C., 22 août 4744. Gardel., 4044 ou 4463, in Melphiten. Cér. des Év. expl., 1. I, c. vu. — * Même décret. — 5 S. C , 22 mars 4652. Gardel., 4544 ou 4664, in Pisauren. 24 mai 4653. Gardel., 4527 ou 4674, in Pisauren. — 6 Cœr. Ep., 1. I, c. xm, n. 3. S. C., 20 août 4729. Gardel., 5837 ou 3987, ad 6, in Terulan.
mettre au-dessus un baldaquin de même étoffe et de même .couleur, pourvu toutefois qu'il y en ait à l'autel un plus beau ou que l'autel soit surmonté d'un ciboire1 (1). On place sur le trône le siège appelé sedes cathedralis ou cathedra : ce siège a un dossier fort élevé, terminé en ovale ; il est garni de coussins et de draperies de la couleur du jour; il y a un coussin sur le siège, et un autre au dossier2.
2. Les sièges des Assistants. Ces sièges sont le scabellum, dont il e>t parlé p. 158 (2). Ils ne doivent point être recouverts d'étoffe. On dispose le siège du Prêtre assistant tout près de celui de l'Évêque et ordinairement à sa droite. Les sièges des deux Diacres assistants doivent être placés de chaque côté du fauteuil du Prélat 3.
5. A l'autel. On doit mettre sur l'autel sept chandeliers, et la croix doit être devant celui du milieu *. Les parements de l'autel seront, si on le peut commodément, de la couleur du jour5; on enlève les cartons6. Les degrés et tout le pavé du sanctuaire, s'il est possible, seront couverts de tapis7.
A. A la crédence. La crédence doit être couverte d'une nappe blanche qui descende de tous côtés jusque sur le pavé. Elle se place, autant que la disposition des lieux le permet, au <ôté de Tépître, mais non contre le mur, afin de laisser cette place à ceux qui doivent verser l'eau pour laver les main^ du Pontife. Cette crédence doit être très-grande. Ou place dessus,
(1) On entend ici par ciboire un dôme placé au-dessus de l'autel ci supporté par quatre colonnes, comme il est dit p. 192.
("2 Ces sièges, à Rome, sont, comme nous l'avons dit, à peu prèi «le la forme de nos tabourets ; mais ils sont boisés de baut en bas, et le nom du Pape régnant est écrit, en lettres d'or, sur l'espèce de frise (i ui se trouve au-dessous de la planche <jui forme le dessus, et au milieu de laquelle est pratiquée une ouverture our y passer la main. (Cér. des Ev. expl. Loc. cit.)
1 ter. Ep. ibid. — - Cér. des Kv. expl. Ibid. — 5 Cxr. Ep., I. I C. vu. ii. %, et « . vin, n. 2. S. C, 10 juillet 1738. (ianlel.. 5096 ou 4075, ad 27. in Lituntina. — * Car. Ep., I. I, c. ni, n. 12. — 5 Ibid.. n. 11 — • Baldeschi. — 7 Ibid., n. 10.
entre les chandeliers des Acolytes, le calice tout préparé pour Ta Messe, avec deux hosties; les Missels couverts de soie de la couleur du jour, avec le coussin de même étoffe ou un pupitre orné; les burettes sur le plateau. Ces objets, à l'exception des chandeliers, sont couverts par le grand voile qui doit servir au Sous-Diacre pour tenir«la patène. On y met encore les trois mitres, avec la calotte qui se met sous la mitre; le voile pour le Clerc chargé de porter la mitre, si toutefois ce Clerc n'a pas de chape. On y place en outre l'aiguière et le bassin pour le lavement des mains, et quatre serviettes pour les essuyer; le grémial ; les bas et les sandales sur un bassin et recouverts d'un voile ; en un mot, tout ce qui peut être nécessaire,, excepté les ornements sacrés, dont nous parlerons au n° 7 * .
5. Devant l'autel du saint Sacrement. On dispose devant cet autel un prie-Dieu couvert d'un tapis vert ou violet, selon le temps, sur lequel l'Évêque fera son adoration en arrivant 2.
Nota. On ne laisse pas le saint Sacrement à l'autel ou l'Évêque doit officier (1). Cependant, s'il y a nécessité de le faire, on ne doit pas omettre les génuflexions prescrites 5.
6. Il est très-convenable et conforme à l'ancienne discipline de l'Eglise que, dans les cathédrales, il y ait une chapelle ou autre lieu que les anciens appelaient secretarium, où l'Évêque doit s'habiller pour célébrer la Messe solennelle. Dans ce lieu» il doit y avoir un autel avec une croix et des chandeliers, dont on allume les cierges. On dispose sur cet autel tous les ornements de l'Évêque, comme il est marqué au n° suivant, et l'on prépare, dans cette chapelle, un siège pour le Prélat du côté le
(1) « Valde opportunum est ut illud (SS. Sacramentum) non collocetur « in majori vel in alio altari in quo Episcopus vel alius solemniter est « Missam seu Vesperas eelebraturus, sed in alio sacello vel loco ornatis- « simo cum omni decentia et reverentia ponatur. Quod si altari majori « vel alio in quo celebrandum erit collocalum reperiatur, ab eo altari in « aliud omnino transferendum est, ne propterea ritus et ordo caeremoc niarum, qui in bujusmodi Missis et Ofhciis servandus est, turbetur. » (Lib. I, cap. xii, n. 8.)
1 Cxr. Ep.t 1. I, c. xir, n. 19. — 2 Ibid., n. 8. — 3 Ibid., n. 8 et ».
pins commode et d'autres sièges pour les Chanoines et autres membres du Clergé l.
7. Si l'Evèque s'habille à son trône, on prépare sur le grand autel l'anneau dans son écrin, la chasuble, les gants, la dalmalique, la tunique, l'étole, la croix pectorale, la ceinture, l'aube et l'amict. Quant au manipule, il se met à part* pour être mis dans le livre des épîtres5.
Des cérémonies spéciales aux Ministres de la Messe pontificale
au trône.
§ 1. — Observations et règles générales.
8. Le Piètre assistant s'assied tout près du siège de l'Evèque; il est à sa droite, a moitié tourné vers lui, de manière à ne tourner le dos ni à l'autel ni au Prélat. Si la position du lieu ne permettait pas qu'il se plaçât à sa droite, il se mettrait à sa gauche*.
9. Les deux Diacres assistants se placent sur des sièges de chaque coté du Prélat lorsqu'il est assis. Quand il est à l'autel, ils se tiennent sur le plus haut degré au-dessous du marchepied, laissant libre entre eux la place du Diacre de la Messe8.
10. Le Diacre et le Sous-Diacre, lorsque l'Evèque est à Tautel, occupent la place qui leur est assignée pour la Messe solennelle, sauf les exceptions mentionnées ci-après, et, lorsqu'il est au trône, ils s'asseyent à l'ordinaire sur une banquette plat près de l'autel, du côté de l'épitre. lisse lèvent quand lÉvèque est debout c.
il . Les Chanoines parés se placent dans le chœur de chaque côté7.
\2. Les Maîtres des cérémonies n'ont pas de place fixe8.
1 Ibid.. < . xv, n. 7; 1. II, c. vin. n. 2 et 5. — * Ibid., I. I. c. m, n. 15. — r' Ibid., 1. II, c. vin, n. 25. — * Cxr. Ep., I I, c. vn; n 2. — ■ Ibid.. c. vin, n. 2.— c \\)H\.f c< lx> „. |. 1 Ibid.. c. xviu, n. 2. — 8 Ganséq.
Leur fonction est de veiller à ce que tout se fasse dans l'ordre prescrit l. Le premier Maître des cérémonies ne doit pas s'éloigner du Pontife Célébrant; s'il est oblige de le faire, il convient qu'il se fasse remplacer près du Prélat2.
15. Les Acolytes Porte-insignes forment, au pied du trône, deux lignes en se regardant en face. Le Porte-livre est toujours du côté du Prêtre assistant et le Porte-bougeoir vis-à-vis. Le Porte-crosse se place du côté gauche de l'Évêque, et le Portemitre à l'opposite. Quand ils s'asseyent, ils le font sur les degrés du trône, tournant le dos à l'Évêque; mais ils déposent auparavant à la crédence les insignes qu'ils portent5 (1).
14. Le Porte-grémial et le Porte-burettes se placent à la crédence 4. Le même Acolyte peut remplir ces deux fonctions 5.
§ 2. — Du chant de Tierce, et de ia préparation à la Messe.
15. L'Evêque, étant arrivé à la cathédrale, comme il est dit p. 797, après avoir prié pendant quelques instants à l'autel du très-saint Sacrement, se rend au secretarhim, où il entre8 avec le Prêtre7 et les deux Diacres assistants. En même temps les autres Chanoines vont au lieu accoutumé pour se revêtir de leurs ornements8. Ceux qui doivent remplir à la Messe l'office de Diacre et de Sous-Diacre prennent aussi tous leurs ornements, excepté le manipule 9.
16. Le Pontife, arrivé devant l'autel, fait la révérence convenable à la croix, puis il va s'asseoir sur le siège qui lui a été préparé en attendant que les Chanoines se soient revêtus de
(1) Le Cérémonial des Évoques ne parle que du livre et de la mitre; mais on nous assure que l'usage le plus communément reçu à Rome est de déposer tous les insignes.
1 Cser. Ep., 1. I, c. v, n. 2. — - Cér. des Év. expl. Ibid., n. 1. — *Cœr. Ep., 1. I, c xi, n. 3 et 6. — * Cér. des Év. expl. Ibid. — 5 Conséq. — 6 Cxr. Ep., 1. II, c. vin. n. 5. — 7 Ibid., 1. I, c. vu, n. 3. — 8 Ibid., L II, c. tiii, n. 3. — 9 Ibid., n. 7.
leurs ornements l. Le Prêtre8 et les deux Diacres assistants demeurent à ses côtés f.
17. Les Chanoines, étant revêtus de leurs ornements, se rendent au secretarium, font les révérences convenables ù l'autel et au Pontife, et vont à leurs places. Le Pontife se découvre alors, se lève, et, tourné vers l'autel, récite à voix basse Pater noster et Ave Maria pour le commencement de Tierce4; tous les membres du Clergé le font également 5. Faisant ensuite le simie de la croix, il entonne Deux in adjutorium* On répond comme à l'ordinaire, el l'on s'incline à Gloria Patri ili. Le Chœur ayant clianté saxidorum. Amen, l'Évêque entonne l'hymne, que le Chœur continue conjointement avec l'orgue. Après l'hymne, un Chantre entonne l'antienne, puis deux Chantres entonnent le psaume, que !< Chœur continue assez lentement pour que le Pontife pu avoir le temps de réciter les prières de la préparation et de prendre les ornements avant qu'ils soient terminés. On peut, s'il est nécessaire, toucher l'orgue pendant quelques inst entre chaque psaume7.