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CHAPITRE IX

Des divers défauts qui peuvent se rencontrer dans ta celébration de la Mes^e.

ARTICLE PREMIER

Défauts relatifs à la matière du Sacrifice.

1. Si le Prêtre vient a s'apercevoir, pendant la Messe, que le pain n'est pas apte à être consacré : 1° avant la consécration, il doit prendre une autre hostie, faire l'oblation au moins mentale et continuer la Messe; 2° après la consécration, il se fait apporter une autre hostie, en fait l'offrande mentalement, et, reprenant à ces paroles, Qui pridie quam pateretur, il la consacre et continue; après avoir communié sous les deux espèces, il prend la première hostie ou la donne à prendre à quelqu'un, ou bien il la comerve quelque part avec respect; 5° s'il n'apercevait ce défaut qu'après avoir pris la première hostie, il devrait néanmoins consacrer de nouveau et communier, car le précepte de la perfection du saint Sacrifice l'emporte sur celui du jeûne eucharistique; 4° s'il s'en apercevait après avoir communié >ous les deux espèces, il devrait prendre d'autre pain et d'autre vin avec de l'eau, faire l'oblation, reprendre la consécration à Qui pridie quam pateretur, et communier immé-

1 S. Lig. Ibid. et autres.

dialeraent. Le saint Sacrifice en effet doit être parfait, et Ion doit, en l'offrant, garder Tordre convenable1.

2. Si le Prêtre vient à reconnaître que ce qui a été mis dans le calice n'est pas matière apte au Sacrifice : 1° avant la consécration, et même après avoir proféré les paroles sacrées sur le ealice, il doit mettre dans un vase ce qui avait été mis dans le calice, verser de nouveau du vin et de l'eau et faire la consécration en reprenant aux paroles Simili modo 2; 2° s'il n'aperçoit ce défaut qu'après avoir communié sous l'espèce du pain, ou même seulement après avoir pris ce qui lui avait été donné pour du vin, comme il peut arriver plus facilement, il doit prendre une nouvelle hostie, remettre dans le calice du vin et de l'eau, faire l'oblation et la consécration comme il a été dit ci-dessus, et communier. La raison de cette pratique, dit S. Thomas, c'est de garder dans l'action du Sacrifice l'ordre établi par l'Église. Cependant, si l'on célèbre en public et en présence d'un certain nombre d'assistants, le Prêtre pourra se contenter de consacrer du vin 3.

3. Il pourrait arriver encore que, la matière du pain ou celle du vin étant invalide, on ne pût se procurer le pain ou le vin nécessaires. Si le Prêtre s'en aperçoit avant la consécration, il ne doit pas aller pins loin. Mais, si, après la consécration d'une espèce, il voit que l'autre manque, il continuera la Messe en omettant les paroles qui ont rapport à l'espèce qui manque. Si l'on pouvait se la procurer en peu de temps 4, comme dans l'espace d'une heure 5, le Prêtre devrait attendre 6.

A. Si le Prêtre vient à reconnaître ces défauts dans l'une et l'autre matière du Sacrifice : 1° avant la consécration, il leur substitue une matière valide, et continue les prières; il les cesserail â l'endroit même où il en est, supposé qu'il ne puisse se la procurer. Dans ce dernier cas, il cesserait également, même après avoir prononcé les paroles delà consécration, qui n'ont

1 V.ub. [bkL, h. 5, 0 et 7. — a Ibid , t. iv, n. 3 et 4. — 5 Ibid., n. 5. — Ml.i-I., n. 8. — » D'aprcs S. Lig. Ibid., n. 355. — 6 Mb. Ibid.,

eu aucun effet. S'il n'en reconnaissait l'invalidité qu'après avoir pris ces substances, il ne pourrait plus célébrer, puisqu'il ne serait plus à jeun; il devrait seulement, dans le cas où il y aurait danger de scandale, continuer le reste, c'est-à-dire lire les oraisons, en supprimant ce qui ferait allusion à la ommunion, que ces prières supposent reçue, bénir le peuple et réciter le dernier évangile1.

5. Un Prêtre qui aurait oublié de mettre dans le calice de l'eau avec le vin devrait réparer cette omission, mais seulement avant la consécration. Après la consécration, il devrait simplement continuer la Messe, l'eau n'étant pas matière essentielle du Sacrifice 2.

Défauts relatifs à la forme.

6. Lorsque le Prêtre ne se souvient pas d'avoir prononcé les paroles de la consécration, il ne doit pas se troubler : ]° s'il est certain d'avoir oublié quelqu'une des paroles essentielles, comme la formule de la consécration en tout ou en partie, il doit reprendre cette formule et continuer la Mc^e; 2° s'il regarde comme très-probable qu'il a oublié quelque chose d'essentiel, il doit réitérer la formule, au moins sous condition tacite; 3° si ce qu'il a omis n'est pas nécessaire pour la validité du Sacrifice, il doit continuer sans rien répéter 5.

7. S'il y avait lieu de répéter la formule de la consécration, il ne faudrait pas faire l'oblation, qu'on suppose avoir été faite *.

8. Si le Prêtre, par distraction, prononçait sur l'hostie les paroles de la consécration du calice, il devrait, après ayoir prononcé celle de la consécration du pain, faire la consécration du calice à l'ordinaire, car il n'a pu avoir l'intention de le cou crer en prononçant les paroles sur l'hostie \

1 Plusieurs auteurs. — 2 Hub. Dbid., n. 7. — 5 Ibid.. I. v, n. !i. — 4 Tous les auteurs. — '6 Plusieurs auteurs. Conséq.

De quelques accidents qui peuvent arriver dans l'acte même dû saint Sacrifice.

9. S'il arrivait que l'église fût profanée pendant la Messe, le Prêtre quitterait l'autel s'il l'apprenait avant le canon; mais si le canon était commencé, il devrait achever le Sacrifice l.

10. Si un excommunié dénoncé entrait dans l'église et si l'on ne pouvait le faire sortir, le Prêtre quitterait l'autel même après le canon commencé et avant la consécration. Si c'était après la consécration, il poursuivrait la Messe jusqu'à la communion inclusivement, et irait alors l'achever à la sacristie ou en quelque lieu convenable2.

\ 1 . Pendant que le Prêtre est à l'autel, s'il survient tout à coup un très-grave péril de mort, comme serait une attaque menaçante des ennemis, une inondation subite, la ruine imminente de l'église, ou un autre accident semblable, le Prêtre interromprait la Messe s'il n'avait pas encore consacré, mais après la consécration, il pourrait communier aussitôt et omettre tout le reste 3.

'l2. Lorsque le Prêtre, pendant le saint Sacrifice, vient à être surpris par la mort ou par un accident subit, de manière à ne pas pouvoir continuer la Messe; si cet accident arrive avant la consécration, ou encore avant qu'il ait achevé les paroles de la consécration du pain, la Messe est interrompue, et il n'y a rien à faire; si cet accident arrive après la consécration, quand même le pain seul aurait été consacré, un autre Prêtre doit continuer la Messe en commençant à l'endroit où le premier s'est arrêlé. En cas de nécessité, un Prêtre qui ne serait pas à jeun serait également tenu de le faire. Le Prêtre qui achève ainsi le Sacrifice doit observer les règles suivantes : \* si le Prêtre infirme se trouve néanmoins en état de recevoir la sainte communion, celui qui continue la Messe doit la lui donner en

' Il/ni., i x. n. 2. — s Ibid. — 7> Ibid., n. 5.

rompant la sainte Hostie, s'il n'y a pas d'autre Hostie consaerée. Si le premier Prêtre venait à mourir après avoir prononcé une partie des paroles de la consécration du Calice, lu second reprendrait à Simili modo, postquam cœnatum est, ou bien il consacrerait d'autre vin dans un second calice et prendrait après la communion du précieux Sang celui qui a été à demi consacré l .

15. La Messe interrompue doit être continuée le plus tôt possible, et si l'on ne pouvait, dans l'espace d'une heure, trouver un Prêtre, la sainte Hostie devrait êlrc renfermée dans le tabernacle par un Clerc ou même par u:i laïque 2.

14. Si le Prêtre qui a commencé la Messe pouvait continuer le saint Sacrifice après avoir pris quelque nourriture, il serai! préférable qu'il continuât lui-même le Sacrifice, quand bien même il pourrait être achevé par un Prêtre à jeun 3.

1 5. Le Prêtre qui a achevé le saint Sacrifice ne peut pas célébrer une autre Messe le même jour 4.

16. Lorsque le Prêtre, croyant n'avoir qu'une hostie, s'aperçoit, après la consécration, qu'il en a deux, il doit les prendre toutes les deux à la communion 3.

17. Si, après la communion et les ablutions, il aperçoit des parcelles consacrées, il devra les prendre, quand même elles seraient considérables, car elles appartiennent au même Sacrifice6.

18. S'il était resté une Hostie entière, le Prêtre devrait la renfermer avec les autres dans le tabernacle, ou, si cela ne peut se faire, il la lai-sera sur le Corporal, la couvrira avec décence pour être consommée par le Prêtre qui doit célébrer aprè • lui; s'il ne doit pas y avoir d'autre Messe, il la laissera dans un calice ou sur une patène jusqu'à ce qu'elle puisse être consommée ou renfermée dans le tabernacle. S'il n'y avait pas de heu convenable où elle put être conservée, il pourrait la prendre7.

l'lbid. — 2 Tons t.? auteurs. — "• Ibid. — + S. C, 10 dé.-. 1833. Gardel., 1451 ou 4(301, m Carpe».— 5 Ilub. Ibid., t. VII, n. '2. — 6 IbiJ. — "' Ibid. n. 3.

19. Si le Prêtre découvre des parcelles après avoir quitté l'autel, mais étant encore à la sacristie et revêtu des ornements, il doit les consommer comme complément de la communion et du saint Sacrifice l. Mais, s'il avait déjà quitté les vêtements sacrés, ou si ces parcelles avaient été consacrées dans une autre Messe, il les conserverait dans le tabernacle s'il était possible de le faire; si cela ne se pouvait, il devrait les consommer*.

20. Si un insecte ou quelque autre cbose venait à tomber dans le calice avant la consécration, le Prêtre devra verser le vin dans un vase, le faire mettre dans un lieu décent, en mettre d'autre dans le calice, faire l'oblation au moins mentale, et continuer la Messe. Mais, après la consécration, si le Prêtre n'a pas de répugnance à prendre ce qui est tombé dans le calice, il le prendra avec le précieux Sang. S'il a une trop grande répugnance à le faire, il retirera du calice ce qui y est tombé, le purifiera avec du vin, puis, après la Messe, il le brûlera et mettra dans la piscine le vin et les cendres5 (1).

21. S'il tombait dans le calice soit du poison, soit quelque substance qui puisse provoquer un vomissement, il faudra verser le vin consacré dans un autre calice, et en mettre d'autre, que l'on consacrera; puis, après la Messe, on y mettra de l'étoupe, et on le conservera jusqu'à ce que les saintes espèces soient desséchées, et alors on brûlera l'étoupe, dont on jettera les cendres dans la piscine 4 (2) .

(1) La Rubrique ne prescrit pas ici, comme au n. 2, de consacrer une autre hostie. Dans le cas présent, en effet, la consécration a été valide et par conséquent toutes les conditions essentielles du Sacrifice ont été remplies; tandis que, dans l'autre cas, la consécration sur le calice a été invalide, et, par conséquent, le Corps et le Sang de J. C. n'ont pas été en même temps >ur l'autel sous les deux espèces, (lialdesclù.)

i On voit, d'après les dispositions de la Rubrique, que le Prêtre doit, autant que possilile, ne pas changer de calice pendant la célébration du *aint Sacrifice. Cependant, s'il éprouvait trop de répugnance pour se servir du même, il pourrait en prendre un autre. (De Herdt. Part. III, n. 21.)

1 Tous les auteurs. — 2 Grand nombre d'auteurs. — r' Ilub. Ibid., n. 6. — * Ibid., n. 7.

22. Si quelque poison vient à toucher la sainte Hostie, le Prêtre en consacrera une aulre, et on conservera la première dans le tabernacle jusqu'à ce qu'elle soit corrompue, et alors on la mettra dans la piscine l.

23. Si l'hostie se trouve brisée après l'oblation et avant la consécration, il faut néanmoins la consacrer, pourvu que le peuple ne puisse s'en apercevoir. D.ms le cas où ce serait une cause de scandale pour le peuple, il faul en prendre une aulre, faire l'oblation, et prendre la première après l'ablution. Si c'est avant l'oblation, le Prêtre doit en prendre une autre, s'il peut le faire sans scandale et sans attendre trop longtemps 2.

24. Si une partie de l'Hostie consacrée était tombée dans le calice, le Prêtre continuerait la Messe avec l'autre partie, s'il pouvait le faire commodément. Si la sainte Hostie avait été imbibée tout entière dans le précieux Sang, il ne la retirerait pas, mais il prononcerait toutes les paroles en omettant les signes prescrits sur la sainte Hostie, et, avant de communier, il ferait le signe de la croix en disant : Corpus et Snnyuis Domini rwstri, Jesu Christi 3.

25. En hiver, si le précieux Sang venait à geler, on entourerait le Calice d'étoffes chaudes, et, si ce moyen ne réussissait pas, on pourrait le plonger dans un vase d'eau très-chaude nue Ton placerait près de l'autel, de manière cependant que l'eau ne pût entrer dans le calice 4.

26. Si quelque goutte du précieux Sang éla l tombée 5 terre ou ailleurs, il faudrait d'abord la prendre au moyen de la langue, puis racler la place, brûler ce qui a été enlevé et en jeter les cendres dans la piscine. S'il en était tombé sur la pierre de l'autel, le Prêtre agirait de même, et, sans racler l'endroit, le purifierait et mettrait l'ablution dans la piscine3.

27. Si quelque goutte du précieux Sang tombe sur les nappes de l'autel ou sur d'autres linges, on doii purifier trois fois ces linges, en mettant au-dessous un Calice pour recevoir l'e;iu de

• Ilàd., n. 8. — * |btd., n. 0. — " [fcid., n 10. — * Ibi.l., n. 11. — 3 Ibid.. n. V2.

l'ablution, qui sera ensuite jetée dans la piscine. Si elle est tombée seulement sur le corporal, sur les vêtements sacerdotaux ou sur le tapis, il faut purifier de même, et jeter l'ablution dans la piscine l.

28. S'il arrive que tout le précieux Sang vienne à être renversé, et qu'il en reste seulement un peu dans le calice, il faut suivre ce que nous venons de dire, et prendre le peu qui reste. S'il ne reste plus rien, on doit consacrer de nouveau l'espèce du vin en reprenant à ces paroles : Simili modo, yostquam cœnatum est, après en avoir fait l'oblation, comme ci-dessus 2.

29. Si une Hostie ou seulement une parcelle vient à tomber à terre, on doit la prendre avec respect, purifier l'endroit où elle est tombée, le racler un peu, et mettre ce qui a été raclé dans la piscine, ainsi que l'ablution. Si elle est tombée sur un linge, il faut le purifier avec soin, et mettre l'ablution dans la piscine3.

50. S'il arrivait que la particule de la sainte Hostie qui a été mise dans le calice y demeurât attachée, le Prêtre la tirerait doucement avec l'index sur le bord du calice, ou bien il la prendrait avec la purification4. Ce dernier moyen est plus convenable et plus conforme à la pratique des Prêtres les plus instruits. On pourrait appuyer cette dernière pratique par la Rubrique du Vendredi saint, qui, à la Messe des Présanctifiés, prescrit de mettre la partie de la sainte Hostie dans le vin 5. On pourrait même mettre une seconde fois du vin dans le calice pour prendre la parcelle, si elle y demeurait encore attachée après la première purification 6.

51. S'il arrivait que le Prêtre, après la communion, fût pris d'un vomissement, et qu'on pût reconnaître les saintes espèces, il déviait les prendre, s'il n'avait pas une trop grande répugnance à le faire. S'il éprouvait une trop grande répugnance, on devrait les recueillir avec précaution, les mettre dans un lieu sont jusqu'à ce qu'elles soient corrompues, et les jeter

1 Ebid. — » Qid., ii. 13. — r> Ibid., n. 15. — 4 Ibid., n. 8. — 5 Tous les tuteurs. — r' Itu/t. ll>i<t.

ensuite dans la piscine. Si l'on ne pouvait alors reconnaître les saintes espèces, il faudrait brûler le tout et en jeter les cendres dans la piscine l.

52. Si Je Prêtre s'apercevait seulement après la communion que les saintes espèces fussent empoisonnées, il pourrait prendre un remède pour provoquer un vomissement, quand même il y aurait à craindre qu'elles ne fussent pas consommées *.

33. Si, après la consécration, la sainte Hostie venait à disparaître, soit qu'elle fût emportée par le vent, ou de toute autre manière, soit même qu'il s'opérât un miracle, on devrait en consacrer une autre en observant ce qui est dit n8 1 3. S'il arrivait par miracle, comme il est arrivé plusieurs fois, que le Corps adorable et le Sang précieux parussent sous la forme de chair et de sang, le Prêtre ne devrait pas les prendre à la communion, mais consacrer de nouveau*. Si cependant cette apparition était invisible au Prêtre ou si elle ces-ait avant la communion, le Prêtre devrait communier comme à l'ordinaire 3.

1 Ibid.. n. li. — ! Plusieurs auteurs. — 3 Ibid., t. ni, n. 7. — * S. Thomas p. 111 q. IAXXIII, a. 4, ad 3. — 5 Baldeschi.

PAUT. ï. SECT. Il, CHAP. I, ART. I.

DEUXIÈME SECTION

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