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CHAPITRE PREMIER

Pour la plupart des hommes, la mort est plus que la fin, c’est l’oubli. Pour quelques êtres privilégiés, c’est, en quelque sorte, le commencement d’une vie nouvelle. Cette différence dépend de la manière dont on a vécu.

Les amis de l’humanité, les serviteurs de la science, laissent une trace de leur passage sur la terre. Le souvenir de leurs bienfaits et de leurs vertus se conserve dans la mémoire des hommes. Mais les frivoles ou les inutiles qui n’ont pas su consacrer au bien les facultés dont la Providence les avait doués, tombent comme la feuille d’automne et disparaissent comme le vulgaire. Vainement ont-ils été comblés des faveurs de la fortune. La richesse et la puissance revêtent l’individu dJune fausse grandeur qui ne le préservent ni de l’oubli , ni du dédain des générations suivantes. Heureux ceux qui peuvent se présenter à la postérité parés de leurs propres mérites; le bon témoignage leur est acquis.

J’ai à parler d’un homme de bien, j’ai à faire connaître sa vie et ses œuvres. En cette occurrence, il m’arrive la bonne fortune de n’avoir besoin d’aucun secours artificiel pour remplir l’office d’historien. Je n’aurai à invoquer ni les entraînements passionnés de

l’esprit de parti, ni les complaisances qu’explique et que justifie l’amitié.

L’éloge de Cerise est dans sa vie même et dans la concordance de ses principes avec ses actions. Je n’aurai qu’à me rappeler et dire. La vérité suffira à celui qui, sur la terre, a donné sa vie entière à la justice et à la vérité.

Cerise (Laurent- Alexis-Philibert) naquit dans la ville d’Aoste, le 2 janvier 1807. Son enfance se passa au milieu d’une famille qui jouissait de la considération la plus méritée. Ce fut au foyer paternel qu’il reçut les principes religieux qui devaient le guider dans sa vie et lui assurer la paix de l’âme jusqu’au moment où, son œuvre sur la terre étant accomplie, il s’endormit dans le tombeau.

Le jeune Cerise, doué d’une vive intelligence et d’une excellente mémoire, fit rapidement ses études littéraires. Il obtint le diplôme de bachelier ès-lettres (1824), et, à dix-sept ans, il commença ses études médicales. Le 9 mars 1828, la Faculté de Turin lui accordait le titre de docteur en médecine. Le nouveau docteur avait vingt-un ans.

Dans le cours de ses études médicales, Cerise avait fait preuve d’une grande aptitude, et particulièrement d’un sens pratique qui se rencontre rarement dans la jeunesse. Aussi le gouvernement Savoisien, sans tenir compte de l’âge, ni de l’inexpérience probable du jeune médecin, le cbargea-t-il d’étudier la question du crétinisme. La question à la fois humanitaire et scientifique répondait doublement aux aptitudes du mandataire. Cerise s’acquitta dignement de sa mission, et l’on reconnut que la confiance du gouvernement avait été bien placée. Un tel début faisait présager heureusement de l’avenir.

Peu d’années s’écoulent. Cerise, attiré par sa famille, ou peutêtre par le pressentiment secret de sa destinée, vint planter sa tente à Paris. On était en 1831.

A cette époque, la grande ville était remplie de puissants attraits. Par la science, par les arts, par la littérature, qui sont la nourriture des grandes âmes, elle livrait un champ sans limite à l’émulation

et au progrès. La lice était vaste et libéralement ouverte aux hommes de bonne volonté.

La Faculté de Médecine de Paris resplendissait alors du plus vif éclat. Le sceptre de la chirurgie était tenu par Dupuytren. A côté du maître marchaient Jules Gloquet, Lisfranc , Velpeau, Marjolin, et d’autres non moins dignes. La pathologie interne et l’anatomie pathologique étaient représentées par l’immortel Laënnec et par plusieurs disciples appelés plus tard à une juste renommée. Les maladies mentales étaient étudiées et classées, de main de maître, par Esquirol, l’ami et l’élève de notre illustre Pinel.

A côté de la Faculté de Médecine, les Académies, le Collège de France, les Facultés des Sciences et Belles-Lettres complétaient la couronne scientifique de Paris, Broussais, malgré ses erreurs, savait galvaniser ses élèves , et par son éloquence un peu abrupte , jetait un véritable éclat sur l’enseignement du Val-de-Grâce. Le compagnon d’armes de Napoléon Ier, le baron Larrey, était chirurgien en chef des Invalides. L’astronomie était popularisée par Jacques Arago. Les mathématiques, la chimie, la physique, la géologie, la paléontologie, la botanique, la minéralogie, comptaient d’illustres représentants qui jetaient sur la nation une gloire impérissable.

Paris était donc le phare qui jetait, avec profusion, la lumière intellectuelle et scientifique sur le monde entier. Cette grande œuvre s’accomplissait , au profit de tous, avec un désintéressement extrême, et, paraissait-il, par pur amour de l’humanité. La séduction se fit, et Cerise s’installa au foyer' le moins contesté de la civilisation.

Au début de son séjour à Paris, Cerise fit rencontre d’un homme qui eut une influence considérable sur sa destinée, je veux parler de Bûchez. Entre ces deux hommes se fit une alliance qui ne put être rompue que par la mort.

Bûchez était grave et austère. C’était un penseur profond , instruit, laborieux. Il avait l’abord froid et réservé. Mais sous l’enveloppe extérieure battait un cœur généreux, et il avait, à son heure, de ces élans qui captivent les âmes. Bûchez n’était ni orateur, ni habile

écrivain ; on sentait, dans sa parole comme dans ses écrits, quelque chose de lourd. On eut dit qu’il avait peur de laisser énerver sa pensée par les fleurs du langage. Bûchez n’était pas l’homme du dehors, c’était l’homme de l’intimité. Dans le tête-à-tête, il s’animait, parlait avec enthousiasme, et faisait jaillir les éclairs de son inspiration.

Cerise était jeune, ardent et dévoué. Pénétré de l’esprit chrétien, il s’abandonnait volontiers aux idées de sacrifice. Les pensées généreuses, l’abandon de soi pour les autres, les inspirations vraiment libérales, enflammaient cette âme remplie de l’amour des hommes. A tant de qualités, il manquait cependant quelque chose, je veux dire l’expérience et la direction. Bûchez donna l’une et l’autre. Bûchez devint le maître, Cerise se fit l’élève. Bûchez aima Cerise comme on aime un fils, et Cerise eut pour Bûchez la tendresse filiale la plus sincère. Ce fut un beau spectacle que l’alliance spirituelle de ces deux hommes qui s’éprirent d’une affection réciproque par amour de la science et de l’humanité.

Pendant que le XIXe siècle s’enterrait, jusqu’à la gorge, dans la houille et la betterave , c’est-à-dire dans] le culte des intérêts matériels, on vit se former, sous l’inspiration de Bûchez, une école philosophique qui rappela les beaux temps de la Grèce. Quatre cents élèves se rangèrent sous la bannière du maître. Réunis par les liens d’une parenté spirituelle, ils se mirent à cultiver la science et la philosophie avec une extrême ardeur. Ils allaient, sans ostentation et sans bruit, écouter la parole du maître. Les réunions avaient lieu dans la demeure de Bûchez, qui occupait un petit logement de la rue Chabanais. Ces conférences eurent pour résultat de cimenter une alliance puissante dont on trouve encore des traces dans quelques survivants, restés fidèles à la foi commune.

Bûchez avait les idées élevées. Il savait que tout système philosophique dérive d’une conception scientifique générale , et que toute conception générale repose sur le but assigné à l’activité humaine. Sur cette donnée, il fonda une école qui prit pour base l’Évangile, et qui fut désignée sous le nom de N eo- catholicisme. Nous ferons plus loin un exposé succinct des principes de cette école.

En 1835, Bûchez et ses amis publient I’Européen, journal de morale et de philosophie. Cerise prend une part active à la rédaction. Ses premiers essais le classent parmi les penseurs, et servent à mettre en relief un des côtés de sa grande intelligence. Parmi les articles dus à la plume de Cerise, on remarque : 1° Considérations philosophiques sur les éléments et sur les moyens de Cart; 2° Recherches historiques sur les origines et sur les premiers développements de la science ; 3° Des Sources du protestantisme chez les Hindous, ou Examen comparé des deux écoles théologiques orthodoxes; 4° De quelques graves erreurs répandues par le clergé dans ses enseignements sur la morale et sur le dogme ; 5° Examen antique du système Phrénologique, considéré dans ses principes, dans sa méthode et dans ses conséquences.

En 1836, l’Académie royale de médecine de Paris mit au concours la question suivante : Déterminer Yinfluence de Y éducation physique et morale sur la production de la surexcitation du système nerveux et des maladies qui sont un effet consécutif de cette surexcitation . Cerise présente un mémoire et reçoit, le 4 septembre 1838, une médaille d’encouragment. La même question ayant été remise au concours, Cerise complète son premier travail et obtient le prix (17 décembre 1840).

L’ouvrage couronné par l’Académie a été publié, en 1842, sous le titre suivant : Des fonctions et des maladies nerveuses dans leurs rapports avec Y éducation sociale et privée, morale et physique. Cet ouvrage est dédié à Bûchez. « A mon meilleur ami, « dit Cerise; depuis douze ans, il me prodigue, tous les jours, les « trésors de son cœur et ceux de son intelligence. » Je cite cette dédicace à l’honneur de Cerise. Il aurait pu offrir les prémices de son intelligence à quelque puissant patricien qui, peut-être, ne se serait pas montré ingrat. Il préféra payer la dette du cœur à Bûchez, à l’homme pauvre, duquel il n’avait à attendre ni honneurs, ni fortune.

Pendant qu’il se livrait à ces travaux, Cerise occupait un des premiers rangs parmi les collaborateurs de Y Européen. Il publia, dans ce journal, des articles remarquables sur la Phrénologie et sur

ia Philosophie des Hindous. — En même temps, il travaillait à la Revue médicale de Paris, journal de la médecine hippocratique, qui luttait contre l’anatomisme broussaisien, comme X Européen luttait contre le matérialisme. La même plume défendait la même cause contre les mêmes ennemis. — Toujours actif, et malgré les exigences d’une clientèle absorbante, Cerise trouva encore des instants pour écrire dans divers autres journaux, dans X Union médicale, dans les A nnales médico-psychologiques dont il fut, avec Bûchez, le principal inspirateur; dans le Journal des Débats , auquel il adressa des articles de philosophie et de critique qui furent fort appréciés. La polémique au jour le jour, avec ses émotions et ses entraînements, ne déplaisait pas à Cerise, nature prime-sautière, qui s’était à la longue préparé des triomphes par une règle invariable et par des principes fermes.

Cerise aimait les sociétés savantes, non par caprice ou par vanité, mais par principe, si je puis m’exprimer ainsi. Il les regardait comme nécessaires à l’intérêt scientifique et à l’intérêt professionnel. Il contribua activement à la fondation de la société médicale du 1er arrondissement de Paris, et il fut l’un des promoteurs les plus ardents de la Société médico-psychologique, qui rend encore de si grands services à la physiologie et à la pathologie du système nerveux. Le 12 février 1838, la Société médico-pratique de Paris élut Cerise comme membre titulaire. Pendant dix ans, c’est-àdire jusqu’au 23 octobre 1848, Cerise fit preuve, au sein de cette société, d’un grand savoir et d’une grande habileté de parole. Il prit notamment une part très-active à une discussion importante sur la nature du suicide. Cette question, soulevée par un des membres de la Société, eut un certain retentissement dans la science et devint l’occasion de diverses publications importantes. Lorsque Cerise, dominé par des occupations trop nombreuses , se trouva dans l’impossibilité d’assister régulièrement aux séances de la Société médico-pratique, il songea à se séparer d’elle; mais la Société le retint par les liens de l’honorariat.

En 1864, l’Académie de médecine de Paris nomma Cerise académicien libre. Dans un espace de temps assez court, il eut occasion

de faire des rapports d’un grand intérêt, et il prit la parole dans plusieurs discussions importantes. Entre autres discours, on peut citer celui qu’il prononça sur la question de l’aphasie.

Cerise, qui avait presque assisté à la révolution de 1830 et qui, dans tous les cas , en suivait attentivement les progrès, s’aperçut bien vite que cette révolution avait profondément modifié les conditions d’existence de la Société française. La famille médicale se trouvait plus menacée que les autres ; Cerise comprit qu’elle devait se préparer à la défense, peut-être à la lutte, par l’association. Il s’appliqua donc à propager le principe de l’association par tous les moyens en son pouvoir; par l’organisation directe, par ses écrits, par sa parole, par sa bourse même. Il devint membre de Y Association générale des médecins de France , et il coopéra à la fondation de Y Union médicale , journal des intérêts professionnels. Il avait senti le besoin de grouper les faibles en un faisceau résistant. D’ailleurs, Cerise avait éprouvé des moments difficiles an début de sa carrière, et il se les rappelait. Aussi son âme s’ouvrait-elle généreusement aux plaintes faites par les confrères confiants qui venaient lui dévoiler leurs propres misères. L’esprit chrétien qui l’animait le rendait compatissant aux maux d’autrui.

Pour certains hommes, le problème de la vie est bien simple. Vivre honnêtement, mais vivre en paix et laisser faire. Pour les hommes au cœur élevé, la question est différente. L’honnêteté n’est que le devoir, et l’accomplissement du bien est une obligation impérieuse. Telle fut toujours la règle de conduite de Cerise. Aussi sa vie fut-elle un modèle de labeur et de dévouement.

« La foi qui n’agit pas, est-ce une foi sincère? »

Cerise, de concert avec le docteur Gaffe, l’un de ses dignes compatriotes, fonda l’Association de bienfaisance italienne (1864). Pendant plusieurs années, il en resta le président vénéré. En adoptant la France pour sa patrie , Cerise n’avait point oublié son pays natal. Les 'souffrances d’ailleurs sont fdles de l’humanité; elles savent toucher les cœurs généreux.

Ici, je devrais parler de la charité inépuisable de Cerise, mais je

n’ose, craignant de blesser sa mémoire. Je demande seulement la permission de citer un trait, un seul : Bûchez était réduit à un état de misère profonde. Quelques amis se réunirent pour lui assurer le pain de chaque jour. On chargea Bûchez d’une certaine surveillance que l’on supposa avoir été établie par un testament. A ce faux titre de conseiller ou de tuteur on attribua des appointements de 100 francs par mois. Bûchez touchait sa pension mensuelle chez un notaire. Un jour, cependant, un des donateurs se fatigua; mais Bûchez ne s’en aperçut nullement. Le plus pauvre des donateurs, celui qui gagnait sa vie à la sueur de son front, Cerise, en un mot, continua la pension en la complétant.

Cerise ne fut pas seulement un homme de parole et de plume, ce fut aussi un homme d’action. L’institution des salles d’asile, comme toutes les institutions naissantes, pénétrait, avec peine, dans les habitudes des populations : mais l’esprit de charité est ingénieux et opiniâtre. On fit appel au dévouement des hommes de bonne volonté. Cerise accepta, avec empressement, le titre modeste de médecin d’une salle d’asile. Pour Cerise , l’emploi ne fut pas une sinécure. S’inspirant de l’idée chrétienne qui avait présidé à l’établissement de l’institution, il s’appliqua à lui donner son double caractère de charité et de prévoyance. Cela lui fournit l’occasion d’écrire un livre, d’un grand intérêt, intitulé : Le Médecin des salles d’asile, manuel d'hygiène et d'éducation physique de l'enfance. Un volume in-8°. — Paris, 1835.

Cerise sut se créer une clientèle nombreuse et choisie, parce qu’il avait en lui-même des qualités éminentes. Riche des dons du cœur, il sympathisait aux souffrances de ses malades, et il possédait le rare secret de se faire l’ami de chacun d’eux. La douceur de son regard et de sa parole , son aménité extrême , captivaient les souffrants et les attachaient à sa personne. À côté de ces qualités, on trouvait en Cerise une habileté réelle. Il fut grand médecin, parce qu’il fut grand artiste. La médecine n’est point une science exacte à la façon des mathématiques. Elle ne donne que des moyennes; par conséquent, elle laisse une large part à l’interprétation et à l’art proprement dit. Dans les sciences exactes, les principes sont tout, et le

savant ne doit rien mettre du sien. Dans les sciences médicales el dans d’autres analogues , tout est pour ainsi dire dans la valeur de l’homme. Le savoir est l’un des éléments nécessaires de la science, sans doute, mais il ne constitue pas le médecin. Sans la pratique et les habiletés de l’art, il n’y a pas de médecin vraiment digne de ce nom.

Cerise était d’une extrême simplicité. Allié à des familles puissantes, attaché par les liens de l’amitié à d’illustres personnages, il n’en parlait jamais. Les honneurs vinrent le chercher. Il fut chevalier de la Légion d’honneur, membre du Mérite civil de Savoie, chevalier des Saints Maurice et Lazare , chevalier de Sainte Anne de Russie et commandeur de la Couronne d’Italie. Il ne se parait d’aucun de ces insignes, pensant que le mérite personnel était le plus digne et le plus bel ornement de l’homme. Un certain jour, cependant, il promit, dans l’intimité de la famille, qu’il se revêtirait de ses insignes de commandeur lorsqu’il conduirait son bien-aimé fds à l’autel le jour du mariage. Le cruel destin en a ordonné autrement. *

Cerise n’a jamais appartenu à la politique militante. Il n’a fait partie d’aucune société politique, secrète ou non. Il fut arrêté dans la nuit du 2 décembre 1851 ; mais cette arrestation de courte durée fut considérée comme une erreur. Elève et ami de Bûchez, il professait et pratiquait un libéralisme avancé qui prenait pour base les principes de l’Évangile. Des hommes éminents avaient confiance en son jugement et ses lumières, et ils le consultaient dans les cas difficiles. Des mémoires posthumes nous apprendront peut-être un jour le rôle que Cerise à joué dans la libération de son pays natal.

Cerise est mort à Paris, le 5 octobre 1869, à l’âge de soixantedeux ans. Une péritonite avec perforation de l’intestin amena le coup fatal. Les douleurs physiques n’avaient nullement altéré la sérénité de l’âme. Il s’est éteint en paix, confessant, jusqu’à son dernier soupir, la foi de ses pères.

Une assistance nombreuse et recueillie l’a accompagné jusqu’à sa dernière demeure. Six discours ont été prononcés sur la tombe. M. le docteur Félix Voisin a parlé au nom de l’Académie deMéde-

cine; M. le docteur Morel de Rouen, au nom de la Société Médico- Psychologique; M. Frédéric Thomas, au nom de la Société des Gens de Lettres dont Cerise faisait partie; M. le docteur Foissac, au nom de la Société de l’Union Médicale; M. Cerutti, consul général d’Italie, au nom de la Société Italienne de Bienfaisance; enfin, M. l’ingénieur Mutti, au nom de la Colonie Italienne. Aux éloges donnés, il n’y à rien a ajouter. Il suffit de rappeler le mot de Bûchez : « Cerise avait une intelligence d’élite et un cœur d’or. » La vie entière de Cerise a confirmé l’opinion de Bûchez.

La reconnaissance est rare envers les vivants, mais elle est plus rare lorsque les bienfaiteurs sont descendus dans la tombe. Les directeurs de l’asile de Bassens (Savoie), voulant en quelque sorte éterniser la mémoire de Cerise en témoignage des services qu’il avait rendu à cet asile, ont décidé que l’un des pavillons de l’établissement porterait le nom de Cerise.

La ville d’Aoste, dans laquelle est né l’ami dont nous regrettons la perte, a édifié une statue en marbre pour honorer la mémoire de l’un de ses plus dignes et plus nobles enfants.

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