‹ cesarChapitre 2 sur 18 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La vieille République était morte avec Caton : César avait recueilli son dernier soupir.

Il pouvait poursuivre immédiaiemenl les pompéiens, et passer en ^pagne avec

b LES GRANDS HOMMES

eux. Il jugea sa présence uécessaire à Rome.

Il y signala son retour par une harangué des plus magnifiques. Il parla de sa viotoire en homme qui voulait se la faire pardonner. Il dit que les pays dont il venait de triompher étaient si étendus, que le peuple romain en tirerait tous les ans deux cents médimnes altiques de blé, et trois millions de livres d'huile.

Ce fut un spectacle terrible et merveilleux à la fois que ce triomphe de César.

il avait ramené des Gaulés' de l^èMiii-

£N 11ÛB£ DE CHAMBRÉ 7

gétôrîx que tidUS âVOnS vu jeter Ses ârûies les unes après léS autféâ, auî pieds de César, et venir s'asseoir sur les marches de soft fcrâiiittiaL

II avait ramené d'Egypte Arsinoë, cette jeune sœur de Gléopâtre, que nous avons vue fuir du palais avec Ganimède.

R ûiiÂt tammé d'AfW(îuè le flls du roi Juba.

Et cé ftit, potiT de derîiiéfr, liii étrange chafigeftéht de condition et de fénomméé.

Né Barbâi'é et Numide, il dut à ce malheur dé devëtiir un deâ plus saVânts historiens grecs.

8 LES €IIÀNJ>S HOMMES

Il triompha pour Jes Gaules, pour le }Dt, pour rÉgyple et pour l'Afrique.

Il ne fut pas question de Pharsale.

Le soir du triomphe, le Yercingétorix des Gaules fut étranglé.

Ces triomphes durèrent quatre jours.

Le quatrième jour, César avec du fard sur les joues, sans doute pour dissimuler sa pâleur; César, avec un chapeau de

fleurs sur la tète, avec des pantoufles rou« ges à ses pieds : — le quatrième joiu*. César inaugura la place publique qui, de

EN ROBE D£ CUAMBRË 9

son nom, fut nommée Julia. Fuis le peuple le reconduisit chez lui entre quarante éléphants pris par lui à Scipîon^ et qui portaient des torches et des flambeaux.

• Après les triomphes vinrent les largesses.

César distribua aux citoyens six boisseaux de blé et trois cents sesterces par tète.

Chaque soldat eut vingt mille sesterces.

Puis, soldats et citoyens, il les invita tous à un gigantesque festin.

\0 LES G1\ANI>S HOMMlfS

Oû dressa vingt-deux mille tôbles de trois lits chacune. C'était, à quinze personnes par table, trois cent trente mille personnel^ à peu près.

Puis la multitude, rassasiée de vin et de viande, on la soûla de spectacles.

César fit bâtir un amphithéâtre pour donner des chasses.

Dans ime de ees chasses parut pomr la première fois le caméléopard, — la girafe, — animal que les anciens regardaient comme fabuleux, et dont les modernes nièrent Texistetice, jusqu'à ce que Leva il-

£T# HOBE DE GHAMBftfi il

tant en dit envoyé un des bords de la rivière Oftinge.

Il y eut des combats de gladiateurs et de captifs, il y eut des combats de fantassins et de cavaliers, il y eut des combats d'éléphants, il y eut un combat naval dans .

le Champ-de-Mars transformé en naumacbie> il y eut un combat entre les enfants nobles,, et dans tous ces combats nombre de gens périrent, U fallait bien donner éi tous ces Romains qui n'avaient pu assister aux batailles de Pharsale et de Thapse une idée de ce qu'avaient été ces immenses égorgements.

Des chevaliers descendirent dans le

12 LES fîUANDS UOMttIâS

cirque et combattirent en gladiateurs; le fils d'un préteur se fit mirmiUon. César empêcha un sénateur de combattre.

«Il fallait bien, dit Michelet, laisser quelque chose à faire aux temps des Domi tien et 'des Commode. »

Et sur toutes les rues, sur toutes les placeSy sur ces nauma.chies, sur cet amphithéâtre^ s'étendait pour la première fois le velariumy destiné à abriter les spectateurs des rayons du soleil.

César avait emprunté cette, inndvatioa aux peuples de l'Asie,

Miis, diose éta^ange, au lieu de lui savoir gré de cette immense quantité d'or qu'il jetait à pleines mains sur lui, le peuple se plaignait de cette profusion et criait à haute voix : — Il les a méchamment acquis et les dépense foU^nent I II n'y eut point jusqu'aux soldats qui se mutinèrent pour la même cause. Et cette espèce de révolte dura jusqu'au moment où César, paraissant au milieu d'eux, saisit lui-môme un de ces séditieux, et sur-4e-champ le ût passer par les armes.

César assista à toutes ces fêtes, et même aux farces de théâtre. Il y eut plus. Il y avait à Rome un vieux chevalier romain, nommé LaberiuS; qui faisait des pièces. Il

1q força de jouar luirmém^ d9<M «me Hirce ^e lui. Le pauvre vieittard fit ^ue^M vers Miresfiés au |>miple pour loi e^cptfqner su tandivB appAritioQ sur le <hMtf a.

— Hélas 1 disait-il, où la nécessite m^at-elle poussé presqu*à mon dernier jouri Après soixante ans d*une vie lionorable, après être sorti chevalier de ma maison, J*y rentrerai mime. Ohî j'ai trop vécu d*un jour 1

De ce retour de César doit dater, pour

^ire. Avec ta retour de César ^Muaneom cette invasioû de barbares qui âubmer^ géra Aocp^. Q^s le oommeiaoemeDl de k

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