DE I \ M : M K PARTIE
A me poursuivre; il prend, sans souci de mes droits, Pour cela des moyens toujours plus maladroits: Je résiste, il recule, et je reste immobile Plus fort par les revers d'une haine inhabile.
CURION
Je vote une statue...
On pourra relever La sienne, car qui sait ce qui peut arriver? Mêmes fautes toujours de sa part; ma vengeance C'est le bien que me fait son peu d'intelligence. Il a voulu m'ôter ma bonne légion :
Ceci m'a fort servi; plein de soumission Aux ordres du sénat, sur-le-champ je l'envoie A Rome. Pour Pompée et Caton quelle joie! Mais chacun des soldats que j'avais su munir De cent pièces d'argent, charmé de revenir Avec un tel pécule, a soin, parmi les autres, De célébrer César, et les leurs sont les nôtres. De la sorte attaqué, je suis plus affermi : Quel trésor, Curion, qu'un aveugle ennemi !
CURION
A la clarté du jour leur vue est donc fermée !
Aujourd'hui c'est plus fort ; c'est toute mon armée Que l'on veut : je n'ai pas pris la Gaule en dix ans, Soumis vingt ennemis sans cesse renaissants Pour revenir à Rome, après de telles guerres, M'effacer dans les rangs des citoyens vulgaires ; Pour applaudir Pompée et vivre sous sa loi : Cela serait un peu trop généreux à moi.
Je m'étais bien assez réduit, je l'imagine. Avec rniyrionm, la Qaule cisalpine, Deux légions pas plus, j'offrais, moi, de rester; C'était modestement de peu me contenter.
Ils ne l'ont point voulu, je serai moins modeste; On ne m'a pas donné ma part, j'aurai le reste.
CURION
Eh bien ! marche sur Rome, ils t'ont assez bravé.
Le moment est prochain, mais n'est pas arrivé.
Les MÊMES, Q. CASSIUS et MARC-ANTOINE lieutenant de CÉSAR.
cé s ai;.
Est-ce toi, Cassius, Marc-Antoine, mon brave? Quoi ! couverts de poussière et d'un habit d'esclave, Tous deux tribuns du peuple!
ANTOINE
Ah ! plus de tribunal.
Non, plus rien que Pompée opprimant le sénat, Que Pompée entraîné par les siens en délire, Et bientôt dictateur s'il veut se faire élire. A peine contre toi leur décret fut porté, Que moi, que Cassius, avons intercédé : Usanl de notre droit de tribun, droit suprême, El qu'avait respecté jusqu'à Syila lui-môme. Mais eux l'onl méprisé, pour eux nul droit n'est plus. Pompée et ses amis, Scipion, Lentulus, Jettent sur deux tribuns la menace et l'insulte, Le sénat convoqué se rassemble en tumulte,