‹ CésarChapitre 113 sur 223 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Le préteur Roscius el le censeur Pison, S'efforcent vainement de leur parler raison; Demandent des égards pour toi, de la justice, Que du décret lancé du inoins l'on t'avertisse. Ce sénal par Pompée el La peur entraîné Sans t'entendre, César, fa déjà condamné. Et l'on a prononcé cette formule antique, Comme aux plus sombres juins de notre république : Consuls, préteurs, tribuns, c'est à vous de songer A défendre l'État, l'État est en danger. C'est le signal du meurtre et des lâches attaques; C'est avec ces mots-là qu'ils ont tué les Gracques.

Alors, qu'avez-vous fait?

Q. CASSIUS

En cette extrémité Voyant par le sénat notre appel rejeté, Poursuivis, menacés, en danger de la vie, Nous avons échappé tous deux à leur furie A grand'peine et cachés sous ce déguisement.

CURION

Eh bien ! t'en faut-il plus, César?

Non, le moment

A part.

Est venu. J'ai donc pu, maîtrisant ma colère, Les amener enfin à déclarer la guerre.

Haut.

Je m'en vais haranguer les soldats. Curion, Des tentes fais sortir ma seule légion.

Q. CASSIUS

La seule : et tu pourrais avec quelques mille hommes Attaquer une année?

Au point où nous en sommes, Le nombre importe peu, la promptitude est tout.

CU RI ON à part.

César plus lestement que l'autre se résout.

Au camp!

Q. CASSIUS

Accorde-nous le temps qu'il faut pour mettre Des habits plus décents.

Bien loin de le permettre, Je veux qu'en ces habits poudreux et déchirés, En ces habits d'esclave et que vous honorez, Vous paraissiez au camp, ce n'est pas la tribune; Des vêtements pareils, c'est un coup de fortune.

CÉSAR, CURION, M. ANTOINE et Q. CASSIUS. — LF.S SOLDATS DE CÉSAR.

CÉSAR aux soldats.

Compagnons, nous avons ensemble combattu, Supporté la fatigue, attaqué, défendu ;

DEl &IÊME PARTIE. VJl

Moi, je vous connais tous, vous devez me connaître; Mais j'ai des ennemis, vous le savez peut-être. Leur haine contre moi vient de se déclarer, Et pour me perdre on veut de vous me séparer. Tandis que notre sang coulait pour la patrie, A Rome contre nous se déchaînait L'envie. J'avais, me conformant comme toujours aux lois, Déclaré citoyen un magistrat gaulois :

De verges, le consul, bravant mon privilège, Le fit battre, et lui dit : que César te protège.

Murmures.

Pompée, un général illustre, mais vieilli, Craignant par nos exploits d'être mis en oubli, Voulut les arrêter par plus d'une pratique Coupable et dangereuse à la chose publique, M'arrachant mon armée et mon commandement.

Murmures.

Ils ont enfin poussé plus loin l'acharnement. Chacun peut me tuer, soldats, c'est mon salaire. Comme des deux Gracchus, ce couple populaire, On veut se délivrer de moi.; le voulez-vous, Ou défendre César?

LES SOLDATS

Nous te défendrons tous.

Soldats, de mon salut sur vous je me repose, Mais il est dangereux de soutenir ma cause;

Montrant Q. Cassius et Antoine.

Ceux-ci sont deux tribuns ; contre les patriciens Pour avoir maintenu le droit des citoyens, On les a maltraités, forcés de fuir la ville, Mis en danger de mort, et d'un habit servile, Vous les voyez couverts. A cette indignité, De colère à mon front tout mon sang a monté.

198 CtSAJL

Des tribuns insultés, d'une infime poursuit!', Ne pouvoir >e sauver qu'en aoa rangs par la fuite I Qu'on opprime César, mais à mes ennemis Je n'abandonne pas k wrl de met amis.

Leur personne est sacrée, à vous je les oonfie;

Je remets en VOS mains mon honneur et nia vie: Vous pouvez nous livrer à nos persécuteurs! Ou dt1.- tribuns, de moi vaillants Libérateurs* Appuyant une cause aux nobles cœurs commune, De César jusqu'au bout partager la fortune. Compagnons, choisissez.

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