TROISIÈME HABITANT
C'est un malheur extrême; César est trop léger.
CÉSAR entre.
Je voulais, par moi-même, De cet amphithéâtre en projet et qu'il faut Elever, roir le plan sur les lieux; un défaut M'avait frappé d'abord, un détail... mais l'ensemble Sera d'un bel effet et très-bien, ce me sembla.
PREMIER HABITANT
On connaît pour les arts et pour les monuments Ton goûL
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Je compte ici donner tous mes moments A ces arts de la paix, puisque aujourd'hui la guerre Bsl tiiiii1 ef qu'ainsi je n'ai plus rien à faire. je compte dans Ravenne établir mes quartiers D'hiver, et m'y tenir cinq ou <i\ mois entiers, Occupé '!'■ ces arts qu'eu effet j'idolâtre; Vous laisser eu partant un bel amphithéâtre. r.ai' le vôtre esl mesquin, d'une telle cité Indigne. Je conviens qu'il est fort bien monté, Que vos gladiateurs ont beaucoup de mérite.
PREMIER HABITANT
Ta récréation, ce semble favorite,
Si l'on en peut juger par ton attention
Aux jeux de ce matin.
C'est une passion ; Et depuis que j'ai vu votre école combattre, Je ne saurais penser à rien autre... Des quatre Qui surpassaient très-fort leurs vaillants compagnons, Je vois encor les traits, j'ai retenu les noms. C'étaient... oui Cotylus, Cupidon, Hermogène Et Faustus. Celui-ci bondissait dans l'arène Comme un tigre... Il avait pour lui l'agilité, Pourtant à Cupidon l'avantage est resté; Il était plus solide, une carrure énorme. Hermogène semblait un bercule difforme ; Mais quel coup de trident au pauvre Cotylus ! Par Cupidoti tous trois enfin furent vaincus. Ils se sont défendus bravement ; leurs blessures Ne les arrêtaient pas. Pieds fermes et mains sûres,
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Du sang-froid, du coup d'oeil; Faustus était pressant, Et Cupidon allait fléchir. Mais dans le saag Le pied glisse ■ Faustus et Cupidon le perce D'un trait, point amoureux; alors à La renverse Faustus tombe, et voyant qu'il n'est pas le plus fort, Froidement tend la gorge et reçoit bien la mort Ce moment fut très-beau, mais Cotylus L'emporte, Et l'on ne vit jamais expirer de la sorte... J'en parlerais, je crois, toute la nuit... pourtant Il faut aller dormir.
CURION s'approchant bas A César.
César, la mule attend A la porte du sud; à travers l'ombre un pâtre Doit nous guider.
C É SA R aux habitants <le Ravcrine-
Adieu, de notre amphithéâtre Je vais, je crois, encore en rêvant m'occuper. D'heureux songes ! demain vous reviendrez souper.