‹ CésarChapitre 123 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

MÉTELLUS

Ah ! je suis furieux, le dépit me dévore... Et vois-tu de vengeance un moyen?

CIMBER

Pas encore.

MÉTELLUS

Quoi! partout à César sans lutte on a cédé... Arrêté nulle part, pas même retardé!

Pompée est vieux et vain.

CIMBER

Notre mauvais génie L'aveugle.

MÉTELLUS

Il faudra donc souffrir la tyrannie ?

CIMBER

Tu dois t'y résigner.

MÉTELLUS

Dieux!

CIMBER

On la souffrira.

MÉTELLUS

Et c'est toi

CIMBER

Jusqu'au jour où le tyran mourra.

MÉTELLUS

Lui!

CIMBER

Ce n'est qu'une idée en l'air, peut-être un rêve. Il sera toujours temps de le frapper du glaive Quand nul autre moyen ne nous restera plus, Et nous n'en sommes pas encor là, Métellus.

MÉTELLUS

Tout est bien dispersé, Cimber, tout fuit ou tremble?

CIMBER

Non, tout n'est pas aussi désespéré qu'il semble, Il reste des Romains à Rome.

MÉTELLUS

Ils sont cachés.

CIMBER

Il en reste en Épire et très-bien retranchés.

MÉTELLUS

Crois-moi, lorsqu'une fois, la panique commence, Tout lui cède bien vite ; et puis, cette clémence. . . J'espérais qu'il serait cruel.

CIMBER

Il y viendra Peut-être, et comme moi chacun le connaîtra. César n'est pas clément au fond ; par sa nature, Il est indifférent plus qu'un autre à L'injure : Mais pour lui la clémence est surtout un moyen. César se sert de tout, ne laisse perdre rien. Sa gloire, sa valeur, sa clémence elle-même, Ce sont ses instruments pour le pouvoir suprême. Curion le sait bien, car il m'a rapporté Un discours de César fidèlement cité.

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