‹ CésarChapitre 132 sur 223 · LE CAMP · texte numérisé non relu

LE CAMP

CÉSAR au milieu de ses soldats.

Soldats, c'est le front triste et les regards baissés, Aujourd'hui devant moi que vous reparaissez.

< l SÀB

Car hier vous avez fui... fui; c'est un jour foni Nouveau dans votre vie où tout est beau du reste. Soldats, après la Gaule, après l'Espagne, après T;uii d'exploits étonnants, tant de merveilleux traits D'audace, nous voilà vaincus; je Le déplore. Si je dois vous bl&mer, je vous plains plus encore, Car j'entends des soupirs, je vois des pleurs rouler. Au lieu de vous punir, je viens vous consoler. N^ désespérez pas et pour une défaite, Unique, médiocre... Oui, relevez la tète,

[ui fut par vos bras accompli; Le passé du présent peut mériter l'oubli. N'accusez pas le sort pour une fois rebelle, Quand vous l'avez trouvé si constamment fidèle. Vous avez subjugué L'Italie en passant, Sans coin liât, sans répandre une goutte de sang. Vous avez traversé, malgré tous les orages, Les flottes qui gardaient les ports et les rivages Et trompé des vaisseaux vigilants et nombreux. Si tout n'a pas été toujours de même heureux, si vous avez du sort subi la loi commune, Par la valeur il faut rappeler la fortune Ceux-là sont criminels seuls qui, sous mon regard, Ont fait de Rome un jour reculer l'étendard. Que les porte-drapeaux soient notés d'infamie, Dégradés de leur poste avec ignominie : À ceux-là point de grâce et je dois les punir : Les autres, pour laver leur tache, ont l'avenir.

A l'assaut... Conduis-nous à l'assaut. Vite, vite,

Pour obtenir L'assaut il faut qu'on le mérite,

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Réservez cette ardeur et ce zèle empn Qui, s'il dure, sera par moi récompen .it.' dois rom éprouver encore.

LKS SOLDATS.

Que l'armée, César, nous l'implorons de toi, soit décimée. Décime-nous, César, nous L'avons mérité.

CÉSAR a part.

Je crois les avoir su bien prendre, en vérité!

LES SOLDATS

Décime-nous, César.

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