LA TENTE DE POMPÉE
POMPÉE Beol, ensuite VARUS.
À livrer la bataille ils m'ont fait consentir. Eh bien ! — mais il n'est plus temps de se repentir. La bataille est perdue et le vainqueur menace Mon camp... De l'attaquer il n'aura pas l'audace;
Mais fatigués ne ^écouteraient pas.
Et tous mes alliés, peuples et potentat-, Grèce, Egypte, Orient, où sont-ils/ Qs regardent
i anéantir mon armée... Ils se gardent De secourir un sort qui leur semble perdu, Ou d'attaquer le camp de César, défendu Par quelques vieux soldats, par quelques mains débiles. 0 Pompée, ô preneur d'empires et de villes, Tant de fois triomphant, toujours victorieux, Jusqu'au jour où parut César... l'audacieux, César le téméraire. Et la fortune amie Des plus jeunes s'est faite alors mon ennemie. Le sort est contre moi, je suis découragé, Dans une sombre nuit mon génie est plongé. Je tiendrai quelque jour encore et puis peut-être Un secours imprévu, les dieux...
V \RUS entrant.
César est maître Du dernier, du plus fort de les retranchements, El tu n'as pour le fuir plus que peu de moments.
258 CKS.VK.
POMPÉE
Ki quoi, même en mon camp !
Tu ne peux Le défendre, Deux partis seulement restent, fuir ou se rendre.
Me rendre! non, César pourrait me pardonner. Je ne veux pas sa grâce et ne veux pas orner Son triomphe... Fuyons — après quarante ann De gloire, de succès, de hautes destinées, Fuir... moi le grand Pompée!
YAHUS.
Entends-tu ces clameurs?
Ce sont les assaillants qui viennent, fuis ou meurs.
POMPÉE
Le mieux, c'esl de mourir. Donne-moi ton épée,
J'ai déposé la mienne.
V \i;ls.
Qui, la voilà, Pompée.
POMPÉE
Non, car j'espère encor, car j'ai pour le punir Dis flottes, des. soldats, des rois, j'ai L'avenir.
Od entend crier au dei
César! César!
pompée.
11 vient, prenons à ma fortune Un vêtement conforme, une toge commune.
Un cheval I