‹ CésarChapitre 161 sur 223 · CES I R · texte numérisé non relu

CES I R

Il est vrai.

Je puis vous rapprocher tous deux et le ferai; 1 1 L- seul moyen qu'à présent je possède, Ton frère encor puissant, de te venir en aide.

CLÉOP AT RE.

Retourner près de lui!

Crains-tu quelque danger?

CLÉOPATRE

Craindre, lorsque régner j'espère et me venger I

Eh bien! j'arrangerai cette paix... fraternelle

CLÉOPATRE

Et sans conditions !

Reine, vous êtes belle!

CLÉOPATRE

Non, jolie.

Et de vous César est amoureux.

CLÉOPATRE

Ah! vouloir être aimé, ce n'est pas généreux. Adieu, César, il faut retourner...

m CÉSAR

CE S Ali.

Pu encore.

I irt.

Sa bouche est irritante et sdn rej ire !

n.tut.

Dans Les vases de bois que m'accorde Photio,

Voudrais-tu de César partager Le fesUD f

CLÉOPATRE

Non, j'aime mieux traiter ce conquérant illustre Demain, dans ma demeure, avec un plus grand Lustre.

Mais demain c'est bien loin, et puis comment pouvoir Abandonner l'armée ?

CLÉOPATRE

Ah ! je m'en vais, ce soir.

C'est arrêté.

J'irai demain.

CLÉOPATRE

Pour Cléopâtre, Tu ferais donc cela?

C'est que je t'idolâtre.

CLÉOPATRE

Vous manqueriez, seigneur, à vos devoirs pour moi : Ce serait mal... je reste et je soupe a?ec :

II» sortent.

I R01SIÊME PARI l I 275

le mi: m i: ai- pari ement.

LE BARBIER de la Subure, ensuite CÉSAR. LE BARBIER.

Qui l'eût pensé que moi, barbier de la Subure,

Je serais le barbier de César I L'aventure

Semble incroyable; mais César s'est souvenu

De la Subure, après vingt ans m'a reconnu.

Il pense en sûreté me confier sa gorge;

Car demain, si je veux. César, moi je l'égorgé.

Qu'ai -je dit là, grands dieux I nue l'on m'eût entendu,

De moi ce serait fait el je serais perdu.

Les honneurs coûtent cher ; dans mon coin de la ville,

Parmi de pauvres gens je vivais fort tranquille.

Maintenant j'ai toujours peur des Egyptiens,

Et des Grecs et des Juifs ; ce sont de grands vauriens!

Aussi, l'oreille au guet... et tout à l'heure encore,

Quai-je entendu? j'en tremble, un complot que j'abhorre.

Assassiner César) il l'a dit au festin

Donné pour le retour de la reine... Photin

Avait un peu trop bu de vin maréotique...

J'étais là... j'eusse été bien mieux dans ma boutique :

Il faut prendre un parti, mais tous sont dangereux,

Laisser tuer César, ah ! ce serait affreux!

Oui, que j'ouvre la bouche et que Photin le sache,

Et l'on me met en croix ! Voyons... se taire est lâche,

Mais parler bien hardi ! Dieux! quel trouble est le mien ;

Le mieux est, pour l'instant, de ne résoudre rien.

CÉSAR à part.

Mon barbier! que vient-il à cette heure ici faire?

Haut.

Que veux-tu? qui t'amène en ce lieu, quelle affaire? D'où vient cette pâleur? pourquoi ce tremblement?

LE BARBl ER.

Moi, je ne tremble pas.

CES AU

Tu sais assurément

A part.

Quelque chose. Partout pour moi peut être un piège.

Haut.

Tu voulais me parler.

LE BARBIER

A part.

Oui, César. Lui dirai-je ?

Et tu me parleras de bonne volonté.

Je ne voudrais pas voir mon barbier tourmenté

Par le tortionnaire.

LE BARBIER

Oh! ciel... eh! bien...

J'écoute.

LE BARBIER

Les tourments! Oui, César, je parlerai sans doute, Mais ne me trahis pas, défends-moi de Phelin.

CE s ai;.

Va, je le défendrai de lui, sois-en certain. Il trame quelque chose?

i ROISIÈM l i'\i; i il LE B kRBIER.

Oui, de bien détestable.

il uMit l'assassiner, il l'a dit à la table Du roi.

Le roi me trompe. Ah ! je le voyais bien.

Haut.

Tiens, voilà pour ta peqr, ne parle plus de rien.

LA Cl rADELLE.

CÉSAR seul, ensuite DOMITIl'S.

CES AH

La guerre est déclarée. Ah! guerre sérieuse! Cette ville toujours en troubles, factieuse Par instinct et mêlant le goût des voluptés, La folle passion du bruit, des nouveautés, Qu'elle a reçus des Grecs, avec cette humeur sombre Du peuple égyptien. La fureur et le nombre Peuvent beaucoup. N'importe, ils céderont aussi. Ce sera seulement un peu long; mais voici Domitius. Qu'a-t-il?

DOMITIUS

Égyptiens infâmes '.

Hommes, femmes, enfants...

N'y mettons point les femmes

278 I ÉSAR.

DOMIÏIl S.

Puissiez-Youa être tous foudroyés par les dieux !

Gens sans pudeur, sans foi.

Mais très-ingénieux I

J'ai souvent admiré ces Grecs, i ire,

Imitant sur-le-champ ce qu'elle nous voit faire, Et c'est nous qui semblons alors les imiter.

DOMITIUS

Admire encor ce peuple, il vient d'exécuter

Uu projet scélérat, et c'est notre ruine

Qu'ont-ils fait?

DOMITIUS

Ils ont fait monter Tonde marine Aux citernes d'eau douce et coupé les conduits Qui pouvaient amener la bonne eau. Tous réduits A périr par la soif.

Je n'en ai nulle envie.

Il faut trouver de l'eau.

DOMITIUS

La source en est tarie.

La source jaillira.

DOMITIUS

Du sable aride?

Non.

De plus bas, fonde est là.

ri;niMi;.\ii; PARTIE 27g

DOMITII S.

Mais comment? par Junon!

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