‹ CésarChapitre 162 sur 223 · LE NIL · texte numérisé non relu

LE NIL

CÉSAR et CLÉOPATRE sur une barque.

CLÉOPATRE

Eh ! bien, heureux César, puissant vainqueur du Nil, Ton empire nouveau, réponds-moi, te plaît-il?

Lequel, ma Cléopâtre?

CLÉOPATRE

Ah ! çfeeà mal, on me traite En enfant qui ne sait parler gloire ou conquête;

Je parle de l'Egypte, asservie à tes lois

Tardes combats de terre el de mer, en six mois.

C'est beaucoup... pour César.

Je t'ai fait souveraine.

CLÉOPATP.E.

Et tu t'es fait plus grand.

C'était ma belle reine Pour qui je combattais.

CLÉOPATRE

C'était un peu pour toi.. .

Ne va pas te fâcher... Allons, viens près de moi, Assieds-toi là, César. Tu sais bien que je t'aime.

CÉSAR souriant.

Autant que la couronne?

CLÉOPATRE

Tngrat, plus que moi-même.

Regarde ce beau fleuve et trente esquifs flottants Entre ses bords parés des moissons du printemps, Notre barque de fleurs et de pampres ornée, Par le vent qui frémit dans sa voile entraînée, Porte le triomphant.

C'est la barque d'Isis.

CLÉOPATRE

Et qui ne s'en va pas cherchant son Osiris, Car il est là celui qui de moi seul dispose;

rROISIÈME PARTIE. 281

Osiris est heureux.

CLÉOPA1 RE.

Tiens, d Egypte une rose Du lac Maréotis... Tu ne'm'as pas conté Commenl tu t'es un jour au sein des flots jeté A la cage, intrépide, ainsi que lui Léandre.

Pourtant ce De l'ut pas pour un motif si tendre, J'espère.

CÉSAU.

Non, vraiment. Tout à coup attaqué, Repoussé, malgré moi, je m'étais embarqué. Sur mon vaisseau, la foule accourt, fuyant la terre, Il allait enfoncer, je prends le Commentaire, Le récit d'un combat récemment achevé, Et sur les flots toujours le tenant soulevé D'une main, pour sauver mes exploits du naufrag Parmi les traits lancés de toute part, je nage De l'autre, heureusement jusqu'aux prochains vaisseaux.

CLÉOPATRE

César, Mars sur la terre et Triton, roi des eaux ! On m'avait dit ce Irait, mais j'étais curieuse De savoir quel écrit à l'onde furieuse Tu dérobais ainsi, car j'aurais soupçonné Que c'était...

ces a n.

Quoi?

CLÉOPATRK.

Voyons, n'as-tu pas deviné?

Quelque lettre d'amour de ces dames romaines, Espagnoles, ou bien gauloises, ou germaines,

Que mon César aima, car c'est un grand trompeur, El beaucoup ont trouvé place eu son reste cœur.

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