LTIQUE. LA MAISON DE CATON
CATON, CANIDIUS, ami de Catou, ensuite NUMATIUS.
CANIDIUS
Toujours triste?
CATON
Toujours.
CANIDIUS
Toujours l'àme assombrie?
CATON
Je porte incessamment le deuil de la patrie, Et de Phar-sale encor rien ne m'a consolé !
CANIDIUS
Depuis ce jour fatal, le front dur et voilé
D'un nuage, l'air morne et les regards farouches,
A l'heure des repas, jamais tu ne te couches
Sur un lit, tu les prends assis, comme le font
Ceux que dans leurs amis frappe un malheur profond.
CATON
Ce malheur i »l sans terme... ici.
CANIDIUS l P«rt
Cœur inflexible!
(Haut.)
Je le crains bien, Caton. César semble invincible, Par rien, dans l'univers, il ne fut arrêté; Tout cède devant lui, plie à sa volonté.
CATOlf.
Tout peut plier, hors moi.
C VNIDIIS.
CePharnace intrépide !
caton.
Il mérita son sort, il était parricide. CANIDIUS
A Rome, César trouve une sédition, Ses soldats mutinés; mais leur rébellion Ne trouble pas César. Réclamant ses promesses, Ils exigent de lui des terres, des largesses ; Il refuse; eux, voulant le contraindre à céder, Parce qu'il a besoin, croient-ils, de les garder, Demandent leur congé, pensant bien le confondre Et l'embarrasser fort ; il se borne à répondre Qu'ils recevront de lui ce qu'il leur a promis, Quand par (Vautres seront vaincus ses ennemis, Calme, les congédie, et, pour toute vengeance, Punit les factieux par sa froide indulgence. Us rougissent alors; vaincus, humiliés, Implorent son pardon et tombent a ses pied-.
I ROISIEME PARTI] 298
GATON
Le monde est à ses pieds.
CANIDIUS
Toujours même fortune!
c \to.n.
La fortune est à lui.
CANIDIUS
Pour la cause commune Scipion et Juba se sont unis enfin.
Trop tard, il n'est plus temps... Mais attendons la fin.
NUMATIUS, autre ami de Cafon.
( laton, ton àme est ferme, au malheur préparée?
CATON
Je le crois.
NUMATIUS
La victoire encor s'est déclarée Pour César. A Thapsos, malgré leur union, Il a vaincu d'abord Juba, puis Scipion.
CATON
Je n'en suis pas surpris, car toujours la défaite Suit la désunion... La déroute est complète?