CES \ R
i )ui, mais se qu'à cette heurt encore .j<i regrette , Bien plus que mon cheval et plus que ma défaite, Sont les livres brûlés, sans le vouloir, parmoi, Lorsque j'incendiai le palais «le ton roi.
CLÉOPATHE.
Mon seul roi, c'est César.
Ces ai;.
Je ne pouvais permette' Qu'Achillas eût la flotte et le feu j'y fis mettre ; Il gagna le palais; quand je vis consumer
Par un feu que mon ordre avait fait allumer
écrits précieux et ces antiques pages, Monuments qui devaient être immortels des âges, Je fus plein de douleur : l'homme est né pour mourir, Mais sa pensée au moins ne devrait pas périr. Non, tout meurt des humains, jusques à leur mémoire, Et de César un jour on oubliera la gloire.
CLÉOPATRE
Ceci, c'est, j'en conviens, quelque chose; est-ce assez ? A Némésis as-tu satisfait? Je ne sais.
Je vais quitter ces lieux, ce sera sa vengeance.
CLÉOPATRK.
Tu veux partir, César?
Demain. Ma diligence N'a que trop fait défaut ici depuis un mois.
CLEO PATI JE.
Quoi, César, quoi, lu vas me quitter?
Je le dois.
Je rais, en Cilicie, avant tout de Pharnace Déjouer les complots el réprimer l'audace,
En Afrique où Juki, Scipion et Caton
M'appellent, en Espagne éteindre le brandon
De la guenv civile aux mains de ce jeune homme,
Sextus, Gis de Pompée, et puis enfin à Rome Là lu pourras venir, là dans mes beaux jardins, Nous parlerons d'amour.
C LÉO PAT RE
Ali! ces temps sont lointains, Et qui sait les hasards...
Seule une âme commune Pourrait craindre pour moi, douter de ma fortune. Le cœur de Cléopâtre est autre, elle aime en moi Ma gloire, ma grandeur.
CLÉOPÂTRE
Oui, mais vivre sans toi...
Elle est fille des rois, elle a l'àme royale
Et ne demande pas qu'Hercule, auprès d'Omphale,
Elle éternellement la quenouille à ses pieds.
CLÉOPÂTRE
Va triompher, César, mes yeux sonl essuj
I R01SIÊMÊ PAB III
Vois, je ne pleure plus, j'essaierai de sourire; jr crains d'autres dangers*... pour moi.
Que veux-tu dire?
CLÉOPÀTRE.
On le sait, à L'amour César est très-porté, Ki qui me répondra de sa fidélité?
Cléopàtre à son cœur sera-t-elle présente Toujours?
CÉSAR souriant.
Ah ! craindrais-tu la loi que je présente, Dit-on, bientôt au peuple, et qu'il acceptera, Car sur lui je puis tout, loi qui me permettra De prendre pour avoir des fils autant de femmes Que j'en voudrai...
CLÉOPÀTRE.
Ta loi m'offense.
Tu réclames
Ton César?
CLÉOPÀTRE.
Oui, je veux tout mon César pour moi : Toute seule, entends-tu?
Tu sais qu'il est à toi.
CLÉOPÀTRE.
A d'autres tu l'as dit.
Ah! crois-moi, Cléop&tre, De nulle femme encor je ne fus idolâtre Comme de mon serpent «lu Nil, petit serpent
M'enlaçant de ses plis on sur mon sein rampant, I 3 niant mon regard. Qu'est-ce, beauté mutine, Qu'est-ce que la beauté gauloise, ou la latine, Ou la grecque, à coté du mélange attrayant Des fines voluptés d'Europe et d'Orient? Oui, j'ai vu la Germaine altière, indépendante, La matrone au cœur chaste et la matrone ardente, La fille d'Ionie instruite en l'art d'aimer ; Mais rien n'a jamais su comme toi me charnier. Puis cet esprit piquant, ces vives réparties, De tes lèvres de feu comme des traits sorti s : L'attrait mystérieux propre à ta nation, Ton cœur fait pour la gloire et plein d'ambition, Ta parole, un vrai chant, même tes artifices, En toi tout est Vénus, en toi tout est délices.
CLÉOPATRE
Et César va partir, qui me consolera?
Je te laisse un César qui de mon sang naîtra.
LÀ 5ln«T DE CATON