‹ CésarChapitre 199 sur 223 · QUA I I! II.' M I. PARTI · texte numérisé non relu

QUA I I! II.' M I. PARTI

Le Irône? n'ai-je pas déjà ma chaise d'or? Ceindre le diadème, il faut lin pas encor, Mais je pais, par un droit que le sénal me donne, Porter, la différence est mince; une couronne. l'ai de la royauté tout, excepté Le nom ; Ah! le nom est beaucoup. César roi.., pourquoi non? irait plus nouveau, plus grand, plus impossible... [mpossible pour tous, non pour moi... pas terrible... Ce peuple avoir un roi! Peu [il»' étrange en elTet, Qui ne veut pas du inoi et s'arrange du fait; Mais il acceptera le mot. Donc l'on me nomme Roi ; de ce nom paré soudain je quitte Rome, Je laisse ici s'user les préjugés ancien-. S'accoutumer au roi César les patriciens ; Pendant ce temps je vole aux bornes de l'Asie Par l'admiration tuer la jalousie.

Alors des noms venus des bouts de l'universb Noms de peuples par moi conquis et découverts, Une expédition unique, merveilleuse, Ma gloire aujourd'hui grande, et bientôt fabuleuse, Retentissent à Rome, et je reviens enfin Entouré d'un éclat plus que mortel, divin. Déjà par ce sénat, qui lâchement m'adore, Je suis déclaré dieu; dieu cent fois plus encore Je reparais, tout tombe aux pieds du dieu nouveau... Ou bien l'on me reçoit par un coup de couteau. Ce sera l'un ou l'autre. A cette heure il m'importe De bien sonder le peuple. Est-elle donc si forte Cette haine des rois? n'exagère-t-on point? Antoine à consulter sera bon sur ce point.

Entre ANTOINE.

A quand, 0 dictateur, la dignité plus haute Qui manque seule encore à César ?

lue faute, Je le crains. Etre roi dan- Rome! Ai-je raison? Ai-je lorlt

ANTOINE

Il te faut, n César, ce grand nom, Ce nom ferait défaut à ton sort dan.- L'histoire; Tu n'aurais pas été jusqu'au bout de ta gloire, Tu n'aurais pas vaincu te préjugé, la loi, Et quelque chose ici serait plus, fort que toi.

Eh! bien, je serai roi; je suis ma destinée, A monter ce degré, le dernier, entraîné.'. Mais comment amener, par cette récompense

Les Humains à payer mes exploits0

ANTOINE

on \ pense.

Repose-t'en sur nous; nul ne fut compromis Parle zèle un peu trop fougueux de ses amis. Toi, refuse longtemps, puis laisse-toi contraindre; Tu sais pour réussir que parfois l'on peut feindre, Et tu n'as pas en vain bien souvent répété, D'Euripide ce vers digne d'être cité : ^ On doit en toute chose observer la justice, Excepté pour régner. Tu n'es pas le complice De nos desseins secrets; tu peux t'en irriter, A la tin tu n'auras qu'à ne pas résister.

Mais quels sont vos moyens '

i.»i \ i i ; 1 1 ; M i ; PARTI i

Oh I nous sommes habiles, Et nous avons d'abord les livres des sybilles, Des livres forl anciens, c'esl un point important, uu'on cite el ne lit point, que personne n'entend. c<>it;i, l'un des gardiens de ces livres antiques, Un homme fort experl aux choses prophétiques, A >u l'ail d\ trouver un oracle des dieux Qui doit toucher le cœur de lout homme pieux, El ne serait pas mieux quand on l'aurait l'ait l'aire; Il affirme qu'un roi peut seul vaincre à la guerre LesParlhes; or, cela te regarde, car loi Tu veux vaincre ce peuple. Il faut donc être roi. Il te faut à regret, bien à regret sans doute, A l'intérêt public céder, quoiqu'il t'en coûte. Aux oracles des dieux on doit se conformer.

Très-bien.

AN TOI N E

Déjà ce bruit que l'on a fait semer Dispose les esprits en ce sens, favorise Le succès décisif de la grande entreprise. Et puis, César, il faut que lu sois averti ; Mais c'est bien entendu, tu n'as pas consenti. Voici venir dans peu les fêtes lupercales, Semblables en folie au temps des bacchanales : Ce jour-là, sur ton front, en fou, je posera i Le diadème.

El moi je le refuserai.

CICÉROS ET BRUTUS

TDSCl II M.

CICÊROH liai.-, sa bibliotbèqae, apnfte BRUTUS.

CICÉRON

le suis assez content de cette période,

Mon ouvrage est disert, abondant, ma méthode

Peol véritablement former un orateur;

Mais que sert l'éloquence avec un dictateor?

Et cependant j'ai po montrer encor la mienne,

Il n'est du grand César grâce que je n'obtienne,

El des plus purs Romains chacun vient, attristé,

Chez un bon citoyen s'ouvrir en liberté.

Faible adoucissement d'un malheur sans remède]

La liberté n'est plus, aux temps mauvais je cède;

Quand tout sert, il faut bien se résigner, servir;

Non, cette liberté rien ne peut la ravir

A l'âme; elle est ici dans cette solitude.

Je puis la conserver toujours, grâce à l'étude,

Comme 1 grecs, dont j'ai grossi les i

(»nt conservé la leur sous le joug des tyrans.

Entre Brutus.

cicfinoN.

Mai- Brutus sous mon t«»it! ma maison tusculane Bsl un temple sacré, n'est plus un toit profane.

«.h A i i;i i:\ii: PARTIE. 3ql

Les dieux sont avec toi, Brutus, el la vertu. Te voilà toujours pâle, inquiet.

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