PREMIÈRE PARI II
Jugeant faux, il parait, ce qu'on dil des enfers, Des gouffres ténébreux destinés aux pervers. Malheur à nous, Romains, si ces croyances saintes pe nos pères jamais en nos cœurs sont éteintes ;
Malheur à nuire -luire, à notre liberté, Si nous ne croyons plus à L'immortalité!
Les armes ne sont pas ce qui fit Home grande; Autrement aujourd'hui qu'au monde elle commande, Qu'elle a pour alliés tant de peuples, de rois, Et plus de citoyens el d'armes qu'autrefois,
Elle serait plus forte; il n'en est rien, nos pères
Avaient ce qui nous manque et qui les fit prospères :
Au dedans l'énergie, au dehors l'équité,
La vertu, seul moyen de toute liberté.
Maintenant nous avons le vice, la mollesse;
Pour l'État, l'indigence, et pour vous, la richesse;
Entre le bien, le mal, nulle distinction,
Et le prix des vertus est pour l'ambition.
Faut-il donc s'étonner, que de vertus déserte ,
La république soit comme une place ouverte
Où chacun est ardent à se précipiter,
Où chacun à l'assaut semble vouloir monter?
Mais laissons ce discours : des hommes consulaires Se sont faits, sous nos yeux, traîtres, incendiaires, Appelant à leur aide, amenant par la main Les Gaulois ennemis mortels du nom romain. Et vous hésiteriez encore à vous défaire De ceux qui sont pour moi des prisonniers de guerre! Oui, le danger est grand, mais nous ne craignons rien... Non, non, vous craignez tout, et ne sachant pas bien Que faire en ce péril, chacun comptant sur l'autre, Du courage d'autrui vous attendez le vôtre.
L'appui des dieux par vous est tout bas invoqué.
cours aui Romains qui o'a jamais manqué, Ci- n'est point par des vœux, des prières de fei Qu'on l'obtient; pour l'avoir, fortifiez vos an*
/ prudents il tiendra;
Des dieux la lâcheté jamais ne l'obtiendra.
Quoi! jadis Manlius Torqoatus qu'on renomme Fit mettre à mort son fils, el os noble jeune homme Dut mourir attaché par la main du licteur El payer de ses jours un excès de valeur! r>«- parricides, vous, vous épargnez la téta. Le reste de leur vie asl os qui nous arrête Sans doute, épargnez donc Lentulus, si jamais Lui-même s'épargna les plus nuits des forfaits, s il respecta les dieux, la pudeur, quelque chi •
Épargnez Céthégus Ce qui plaide sa cause,
C'est qu'il a déjà fait la guerre à son | Ali ' si tous les devoirs n'avaient été trahis Par eux, ils n'auraient pas comblé leur infamie En conspirant enlin la mort de leur patrie.
S'il était aujourd'hui permis de s'aveugler, Je laisserais vos yeux bientôt se dessiller:
a trop que ma voix toujours rous importune; Mais de ce seul instant dépend votre fortune, Mais vous êtes perdus >i vous délibérez, Car par nos ennemis nous sommes enton
Catilina s'avance, il est là Dans la ville
Campent ses lieutenants, le taire est inutile,
Rien ne peut en secret se faire ou se tenter;
Il faut ouvertement agir, sans hésiter.
Donc i our moi la u ntence « il ainsi prononr. .
D'un extrême péril Rome étant mens