QU'IL A RACHETÉE PAR SON PROPRE SANG
Frères bien-aimés du Seigneur (2),
Nous sommes les rachetés de rÉternel (3) . Lui-même a payé notre rançon ; et nous marchons ensemble vers la sainte Cité , vers ce Tabernacle de Dieu avec les hommes (4) , où nous , son peuple , nous habiterons toujours avec lui.
Nous étions esclaves, et nous sommes affranchis (5). Le joug et le bâton de Texacteur ont été mis en pièces (6) ; la douleur et le gémissement se sont éloignés ; nous avons obtenu la joie et l'allégresse; nous en sommes couronnés, et un chant de triomphe a été mis en nos bouches (7).
C'est Tétemel et immuable amour de Dieu qui en est le sujet inépuisable (8). Ce sont les gratuités
(1) Rom. viH, 93. Act. xx, (6) Es. ix, 3. Ez. xxxiv, 28. 27.
(2) Rom. I, 7. (7) Es. xxxv, 10. Ps. xlvii,
(3) Es. XXXV, 10. 1 ; — cvi, 47.
(4) Apoc. XXI, 3. (8) Jér. xxxi, 3. Cant. vni, 7.
(5) Rom. VI, 17, 18^. Rom. vin» 38.
du Père , le sacrifice du Fils , la vie et les consolations de l'Esprit- Saint, que nous célébrons avec confiance (1); et nos cantiques s'unissent au chant rumoeau dont la sublime harmonie remplit la demeure des saints glorifiés (2) .
C'est ainsi qu'enseignée de Dieu , et dans la communion de notre bien-aimé Sauveur , notre foi fait éclater les transports que l'Esprit d'adoption produit en nos âmes (3) « C'est ainsi que QOire bonne, joyeuse et vive espérance (4) exprime avec actions de grâces son attente assurée de la glorieuse immortalité (5). C'est encore ainsi que notre amour pour Jésus, lequel nous aimons quoique nous ne l'ayons pas vu (6) , manifeste avec abondance ses tendres et puissantes étreintes (7), et notre désir de voir , de saisir et de posséder l'accomplissement de cette vie étemelle, dont nous avons reçu le gage, et dont nous portons le sceau (8).
Aussi ri^sprit du Fils de Dieu , que le Père a ré-
(1) Jean, xv. 26. Rom. v, Rom. v, 5. 2 Thess. u. 16. 5. 1 Pier. 1, 3. Tite ii, 13, 14. (5) Héb. vi, 18—20.
(2) Apec. V. 9. (6) 1 Pier. i, 8.
(3) Gai. IV, 6, Rom. viii, 15. (7) Philip, ii, 1. Eph. I. 13. (8) Eph. 1, 13, 14.
(4) Prov. X, 28. Ps, cxlvi, 5.
— vu —
pandu dans nos cœurs renouvelé^ (1) ^ nous incitet-il à soulager les peines et les fati^es de notre marche , en cette terrestre vallée de Baca (2) que traversent les tribus du Seigneur , pour se présenter en Sion, devant lui. Notre force est en la joie de rÉtemel (3). C'est lui qui aplanit notre route (4), et qui fait jaillir des sources nombreuses et rafiraîchissantes du sol aride que nous parcourons (5). Lui-même étend Tombre du rocher (6) , et nous envoie les brises qui abaisseront le hàle du milieu du jour (7); et c'est encore lui qui i^jis prépare et noi^ multiplie lea hénédiotipns et les délivrances que nou/3 çvons la consolation de célébrer dans nos psaumes et 90s hymnes (8).
Il est vrai, Frères bien-aimés, que cette joie de rÉtemel, qui nous soutient , ne donne pas en tout temps à notre cœur les mêmes tressaillements , et n'éclate pas toujours en transports. Notre sentier,
(1) Tite m, 5. Gai. iv. 6. (5) Es. xxxii, 3; xli, 18.
(2) Ps. Lxxxiv, 7, 8. (6) Es. iv, 6 ; — xxv, 4,
(3) Néh. VIII, 10. Ps. Lxxm, (7) Es. xviii,4; — xlix, 10. 26 ; -r- cxxxviii, 3. Es. xi.v. 24. (8) Eph. v, 19. Col. ni, 16. Joël, m, 16. Prov. xxix, 6. Jacq. v, 13.
(4) Ps. xxvii, 11. Es. XL, 14; Act.xvi, 25. — XXVI, 7, 12.
constamment sûr et dirigé vers notre patrie (1), n'est cependant pas à toute heure également facile et lumineux. C'est avec notre corps de mort, et au travers des ténèbres du monde , que nous le gravissons (2) ; et la faiblesse , le poids et la corruption de notre chair nous exposent trop fréquemment à ces erreurs, hélas! à ces péchés, qui requièrent de la paternelle fidélité de notre Dieu les épreuves et les châtiments où notre foi sera purifiée , où notre patiente soumission s'exercera et où notre sainteté sera produite ou affermie (3).
Alors cessent les chants joyeux (4), et les soupirs , les plaintes et les larmes s'élèvent et se répandent en présence de l'Étemel (5). Alors l'enfant de Dieu, abattu et froissé, verse dans le sein de son Père ses ennuis et ses regrets ; et son âme affligée épanche en celle de son Sauveur , toujours compatissant (6), les douleurs de son repentir. Mais alors aussi, l'Esprit d'adoption, le Consolateur , se fait sentir au fidèle éprouvé , et témoigne
(1) Es. XXXV, 9. Prov. iv. 1 Cor. xi. 32. Jér. xvii, 14, 17. 1 Cor. 18 ; — xii, 28. (4) Ps. cxxxvii, 4.
(2) Rom. vu, 24. (5) Es. lix, 11, Ps. lv, 1 ; —
(3) Osée, xiii, 9. Luc xv, cxlii, 2.
18. Ps. Li, 6. Hébr. xii , 5; (6) Héb. xiii, 8; — iv, 15. — 11, 1 Pier. I, 7, 17.
à ce racheté de Christ, que son Père l'aime pour toujours, et qu'il ne visite ainsi son enfant , que pour le rendre plus heureux, en le rendant plus saint (1).
Nos chants deviennent alors des prières, des cris, des supplications (2). Leurs accents ne sont plus ceux de Tallégresse , mais ils ont encore les sons et l'harmonie de la paix de Dieu qui est audessus de tout entendement (3). Leurs notes sont plaintives , et la harpe d'Israël gémit , à moitié détendue : mais c'est encore dans le sanctuaire , c'est autour de l'autel, c'est dans le lieu très-saint, c'est auprès de l'arche et du propitiatoire que l'Église répand ses pleurs ; et si ses cantiques ont moins d'éclat , ils n'en ont pas moins de vie ; s'ils sont ralentis , ce n'est que parce qu'en les prononçant , elle implore et écoute la réponse de son Roi, dans la force et la fidélité duquel elle l'attend avec assurance (4).
Oh ! que bienheureux est le peuple qui sait ainsi ce qu'est le cri de réjouissance , et qui marche à la clarté de la face de l'Éternel (5) I ils s'égaieront
(1) Jacq. l, 17. Ps. lxxxvi, (3) Phil. iv, 7.