SCÈNE XI
LA COMTESSE c/ DESROSIERS, sortant du château, CÉSAR et GEORGETTE, se tenant à l'écart.
LA COMTESSE *, parlant à plusieurs domcsliijues. Qu'on aille chercher sa voiture!., qu'on apporte ses malles... Je ne veux pas qu'il reste à L'auberge une minute de plus.
DESROSIERS
De grâce, madame la comtesse, modérez ces transports.
LA COMTESSE
Que je me modère, quand mon cœur nage dans la joie
{élevant plus haut la voix) quand tous mes vœux sont comblés, quand je retrouve le chef de ma famille, l'espoir de ma race... le dernier des Caradec...
Est-il possible !.. auriez-vous de ses nouvelles ?
LA COMTESSE
Bien mieux que cela!., il est de retour dans le château de ses pères... il est ici... devant tes yeux... le voilà !
GEORGETTE
O ciel !
LA COMTESSE
Mon neveu !.. mon noble neveu !..
GEORGETTE, regardant Des/osiers avec ctonnement.
Vous... monseigneur... vous que j'ai vu si jeune... c'est singulier... pardonnez-moi de ne vous avoir pas reconnu... mais du tout... du tout...
LA COMTESSE
Ca n'est pas étonnant... depuis le temps... depuis dix ans... bien habile qui pourrait se reconnaître.
DESROSIERS
Je le suis donc : car moi je m'étais fort bien rappelé la petite Georgette, la fille du concierge... c'est pour cela que j'étais descendu chez elle.
GEORGETTE
Et ce matin... toutes ces questions sur ce domaine , sur ce château... que vous regardiez avec tant de plaisir !..
* La comtesse, Desrosiers, Georgette, César. *+ Desrosiers, la comtesse, Georgeltc, Ce'sar.
C'était tout naturel.
CÉSAR , le regardant et le reconnaissant.
Eh ben !.. eh ben!.. c'te rencontre... les six francs les
six francs de tout-à-1'heure , c'est lui... c'est vous , n'est-ce pas?
DESROSIERS
C'est bien... c'est bien... mon garçon... ne parlons pas de cette misère-là... C'est moi qui malgré l'incognito ai voulu payer ma bien-venue à ce pauvre diable.
LA COMTESSE
Je reconnais là mon neveu... (A Georgeltc.) Et quel air noble et distingué ! Il ne se serait pas nommé que j'aurais deviné un Caradec... Et ce matin, seulement quand je l'ai aperçu, quand il m'a saluée, j'ai senti là une émotion... la voix du sang I
DESROSIERS
Un instinct de noblesse, ma chère tante.
LA COMTESSE
Je veux qu'il y ait aujourd'hui même au château réception solennelle.
Air : CotiUiitoiis-ttous .
A tout le monde on ouvrira les portes... C'est un grand jour!., c'est un jour de bonheur ! Rustres, vilains et gens de toutes soi tes Seront admis à revoir leur seigneur...
Je veux, de plus, couronner deux rosières...
DESROSIEHS.
Que vous aurez ?
Mais j'espère aujourd'hui, Si toutefois les révolutionnaires En ont laisse' ciuelcpies-uncs ici.
[A Desrosiem . ) Je viens d'annoncer officiellement votre retour à ma fille et à M. deNeuillac, dont cette arrivée a renversé toutes les espérances. J'en suis désolée, parce que c'est un excellent parent et un bon gentilhomme; mais je l'en avais prévenu, et je n'y puis que faire... c'est à vous seul, mon neveu, à vous, mon cher Arthur !..
CÉSAR, poussant un cri.
Arthur !.. c'est ce nom-là...
GEORGETTE
Veux-tu te taire !
CÉSAR
Arthur !.. où est-il ?
GEORGETTE
Là, devant toi !
Ah !
Salue donc !
Non !
Veux-tu bien saluer
Non... non...
( 31 ) CES Ail, d'un air hébété.
GKOllGETTE.
CÉSAR
GEORGETTE
Est-il entêté!., et qu'est-ce qu'il a donc à gronder comme ça?.. Ici, César... ici!
CÉSAR, grommelant (titre ses dents comme un chien /// écoutent. Hon... lion... lion !..
GEORGETTE
Veux-tu bien te taire !
CÉSAR
Je me tais !