SCÈNE IV
LE CHEVALIER, LA COMTESSE, GEORGETTE, sa [tant de l'auberge*.
GEORGETTE, à la can/unnadr.
Oui, monsieur, c'est madame la comtesse... et je vais lui dire qu'un étranger désire lui pailer.
LA COMTESSE
Quelle est celte petite fille?
georgette, faisant la révérence.
C'est moi, la fille de l'ancien concierge, qui vient vous présenter ses respects.
C'est bien, petite, c'est bien... et me demander la place de ton père... pour toi, ou ton futur, si tu en as un... c'est de droit.
GEORGETTE
Dam!., je suis du château... j'y suis née... *Georgette, la comtesse, le chevalier.
LA COMTESSE
Et j'espère que tes opinions...
LE CHEVALIER
J'espère bien qu'elle n'en a pas.
GEORGETTE
Dain!.. je lâcherai de bien garder le château.
LE CHEVALIER
C'est cela même, c'est ce qu'il faut.
GEORGETTE
Et ça sera facile, pour peu que vous me laissiez César, avec qui il n'y a rien à craindre. . car il est de bonne garde celuilà !..
LA COMTESSE
Qui?.. César?., le chien du château?
GEORGETTE
A peu près.
LA COMTESSE
Comment, à peu près ?
Oui, madame, c'est tout comme... il est si fidèle, si dévoué et obéissant surtout... on lui dit : Viens ici, et il arrive... va là, va... et il va... et puis courageux comme un lion.. . ils seraient dix contre lui, qu il n'aurait pas peur... dès qu'il s'agit de me défendre... ou de défendre le château.
LA COMTESSE
Et de qui me parles-tu là ?
GEORGETTE
De César... un pauvre garçon... qui n'a pas grande intelligence, car il n'a jamais deux idées de suite... mais il a tant d'instinct et un si bon cœur... avec moi surtout... que quelquefois je le prends pour un être raisonnable.
LE CHEVALIER
C'est donc un fou?
GEOltGETTE.
Du tout, il n'est pas fou... il n'est que bête... et encore pas toujours.
LE CHEVALIER
J'y suis, c'est un idiot!, un imbécile!
GEOGETTE.
Oh! non... ne dites pas cela... car quelquefois il a des idées étonnantes... on ne sait pas d'où elles viennent. . . elles sont comme lui, qui est tombé ici un beau matin... ou plutôt un soir... sans qu'il ait jamais pu se rappeler comment il y était arrivé.
r.A COMTESSE.
Voilà qui est singulier.
(.KOIU.1 .1 TE.
C'était un jour où les municipaux étaient venus s'installer au château au nom de la nation... ils avaient pendant toute la nuit lui et mangé... toujours pour la nation... suis s'inquiéter d'un orage effroyable qu'il faisait et que j'avais bien entendu, car j habitais encore le logement du çpneierge; si bien que le malin, en portant le déjeuner à Dragon, le chien d'alors, j'aperçois dans sa niche, touché à côté de lui... un étranger, un jeune garçon qui dormait et à qui Dragon avait donné l'hospitalité... ce dont je lus tout ébahie, parce que Dragon... (// la comtesse) je ne sais pas si vous vous le rappelez, un chien noir qui avait mauvaise réputation.. . mécbant comme un loup.. . et la terreur de tout le canton.
LE CHEVALIER , vivement.
Ehb
len
(iEOnGETTE.
Eb bien! lui et César vivaient comme deux amis... deuxfrères... ris ne se quittaient pas, et je crois qu'ils se comprenaient, car quelquefois, pendant un quart d'heure, ils aboyaient ensemble. . ils partageaient la pitance, et, quand Dragon, qui était bien vieux est mort, l'autre a eu la survivance... mais il regrette toujours son ami, et n'en parle jamais que cliapeau bas et les larmes aux yeux.
LE CHEVALIER
Ce pauvre César... \\ m'attendrit.
LA COMTESSE, riant.
\ ous êtes bien bon!
GEOUGETTE.
Et vous ne voudriez pas lui ôter sa place, qui du reste n'est pas chère, car il ne s'agit que de le nourrir.
LE CHEVALIER
Et qui jusqu'à présent s'est charge de, ce soin?
GEOUGETTE.
Moi, monsieur, sur mes gages, qui n'étaient pas bien forts... mais maintenant; et grâce à 31me la comtesse, casera mieux. LA COMTESSE, souriait.
Vous croyez ?
LE CHEVALIER, de même.
J'en suis sûr... et où est- il donc ce M. César?. . ne peut-on le voir?
LA COMTESSE, regardant la niche.
Est-il chez-lui ?
GEORGETTE
Non, madame.... je l'ai envoyé ce matin en commissions.
L\ COMTESSE
Il fait donc les commissions?
georgettk.
A merveille... quand on lui explique bien... (On entend des cris dans la coulisse à gauche; ce son! les villageois qui se moquent de César. ) Tenez... tenez, voilà qu'il en revient... car je l'entends.