‹ César, scènes historiquesChapitre 102 sur 261 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

De beaux noms ; mais, au fond, c'est se rendre, et jamais L'esclavage pour moi n'aura ce nom, la paix. Pensez-vous autrement, ô Gaulois? Peuple brave, Est-ce ce qu'il te faut... veux-tu donc être esclave? Avez-vous pris la lance avec le bouclier Et ceint le glaive, afin de vous humilier Ici devant César? non, non, moi je l'atteste, Vous ne le ferez pas.

COMMIUS.

Mais quel espoir nous reste?

Pour défendre ces murs il y faut subsister. Eh bien! le pouvons-nous?

VERGÉSILLAUNUS.

Je n'y veux point rester ; J'en veux sortir, non pas en traitant, par les armes. Précipitons-nous tous avec des cris d'alarmes Sur le camp de César et son retranchement. Beaucoup, dans ce combat, tomberont vaillamment; D'autres retourneront, chacun dans sa vallée. Chacun dans sa montagne ; ils diront la mêlée Terrible et glorieuse, et la mort, et le sang, Et la valeur par tous montrée en périssant. Une telle défaite est mieux qu'une victoire. Les bardes inspirés chanteront notre gloire, Et de toute la Gaule un cri s'élèvera Pour venger ceux d'Alise et l'on nous vengera.

CRITOGNATE,

Je suis un vieux guerrier, je ne veux pas me rendre ; Je ne veux pas mourir en vain, je veux défendre Ces murs aux pieds desquels, si nous savons tenir, En Gaule, de César, le bonheur va finir.

Dans nos oxtivmiti's, moi, j'ai durci mon Aine,

Je suis pirl à iIoiiikm- nu\s cnfanls cl ma IVmme.

Cl' qui ne jkmiI |»oikM' les armes doit mourir;

Qu'ils mi'ureiil, (jue leurs coips ser\enl à nous nourrir

Nos aucèlres ont fait ainsi quand la conquèle

Des Cimbres menaçait...

CRI G KM'; Il AL.

Horreur!

CRITOGNATE.

Je le répèle, Nos ancêtres ont fait de même.

CRI GÉXlvRAL.

Horreur !

CRITOGNATE.

Pour eux Les Cimbres cependant étaient moins dangereux Que n'est pour nous Césai'; comme un rapide orage. Bientôt en d'autres lieux ils portaient le ravage. Mais, alors que l'on tombe une fois en leurs mains. On reste pour toujours au pouvoir des Romains. Non, lorsque le Romain plante la servitude. Pour la déraciner nul bras n'est assez rude. Voulez-vous triompher de ce César maudit? Vous n'avez qu'un moyen, c'est celui que j'ai dit.

VERCINGÉTORIX

Nous ne nous rendrons pas, nul n'en a la pensée; Nous ne risquerons point une fuite insensée. Ce coup de désespoir, s'il fallait le tenter, Aucun n'échapperait pour l'aller raconter.

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