GAULOIS
VERCINGÉTORIX, COMMIUS, VERGÉSILLAUNUS, CRITOGNATE. VERCINGÉTORIX.
Gaulois, dans ce conseil avec moi rassemblés, Vous savez à quel point nous en sommes: parlez. Il s'agit d'empêcher César de prendre Alise ; Que chacun tour à tour avec pleine franchise Indique le parti qu'il juge le meilleur. Je dirai mon avis, que tous disent le leur.
Ifi6 CftSAK.
COMMIUS.
Nous avons entrepris la difTicilc tAclie
De (ir-livivr la (îaulo, cl ce serait un làclio
Celui qui renoncjanl (i ce but glorieux.
Reprendrait des Uomnins le joug injurieux;
Mais, faut-il échouer dans c-) dessein sublime?
Quand il y va dti sort du pays, c'est un crime.
Nous avons des vieillards, des femmes : où trouver
De quoi noiu-rir ce peuple et comment abreuver
Nos cbevaux? je crains, moi, que la faim no nous dompte
Plutôt (juc le Romain, et crois, quand je vous comjjte,
Quand je vous vois en nombre assez grand pour coûter
Bien cher à l'ennemi, que l'on pourra traiter
A des conditions favorables et telles
Qu'on dût avec honneur les accepter-
UiN CHEF GAULOIS.
Lesquelles?
COMMIUS.
Sortir libres, armés. Non pas en ennemis Vaincus, en prisonniers que le glaive a soumis; En alliés qu'on craint et, partant, qu'on ménage; Et peut-être qu'un jour reprenant l'avantage Nous nous relèverons tous, mieux favorisés Par les temps, par le sort, jetant nos fers brisés A la face de Rome enfin épouvantée De la Gaule vaincue et qu'elle crut domptée.
^ VERGÉSILLAUNUS.
Commius se souvient que son père et que lui, Alliés des Romains, en ont cherché l'appui; Il voudrait aujourd'hui le mendier encore. Oui, c'est là le parti qu'avec art il décore