‹ César, scènes historiquesChapitre 114 sur 261 · ROME. — LE PORTIQUE DE POMPÉE · texte numérisé non relu

ROME. — LE PORTIQUE DE POMPÉE

CURION seul.

Je vais donc voir Pompée. Il veut faire le compte

De tous ses partisans... dans ce nombre il me compte,

Moi, Curion... toujours même crédulité.

Il est vrai qu'à César plus d'un coup fut porté

Par moi, par mes discours, fougueux tribun... Ouicerte;

Mais, c'est qu'avec César tout cela se concerte.

Je fais encore plus, pour le mieux terrasser,

Je propose des lois... qui ne peuvent passer;

Contre les Pompéiens j'y glisse des mesures,

Qui les font, chaque fois, tomber sous leurs murmures.

César a plus d'esprit que Pompée, il sait mieux

Caresser les desseins d'un cœur ambitieux.

Puis de son intérêt les preuves sont complètes,

Il vous sert en ami ; si vous avez des dettes,

Il s'en charge et les paye. Aussi je suis à lui,

Non pas ouvertement encor; car aujourd'hui

Je m'en vais déclamer contre sa tyrannie,

Sur l'État menacé par son fatal génie.

Je vais crier bien haut , mais tout bas observer

Ici ce qui se passe et lui faire arriver

Des renseignements sûrs.

ISl CÉSAR.

poMPi-i:, CATOx, crcr.noN, cnniON, pompi^iiens.

POMPÉE

Amis, sous mon portique Soyez les bien venus, dans cet instuul (•rili(|iie. Nous sommes tous d'accoril, jo crois, sur le danger Dont César nous menace; il faut le niéna.L'-er, Je pense, prudenunenl; sans qu'H puisse se |)laiiidre, Faire que pour personne il ne soit plus à craindre.

C'est aussi mon avis

CURIÔN.

Et ce n'est pas le mien.

Tous ces ménagements n'aboutiront à rien. Eh ! pourquoi lui laisser consommer votre perte? Il vaut mieux à César faire une guerre ouverte, Rompre ses plans, avant qu'ils puissent éclater; Tandis qu'il est possible cncor, les arrêter. Il faut, quand son armée est sa seule espérance. Dans ses coupables mains briser cette puissance ; Et, bien qu'il n'ait pas fait son temps, dès ce moment, Par décret, le priver de son commandement. Parlons à cœur ouvert, ici point de manège: Tout accommodement désoi'mais cache un piège. Afin que César cède, et toujours et partout On doit lui résister et le pousser à bout.

POMPÉE

C'est un bien grand parti, je balance à le prendre; C'est donner à César la loi pour le défendre.

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