‹ César, scènes historiquesChapitre 115 sur 261 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Qu'il garde son pouvoir jusqu'au terme fixé Par le décret du peuple, et, ce terme passé, Ce pouvoir expiré, sans titre, sans armée. Sa vaine ambition se verra désarmée ; Lui-même ne sera qu'un simple citoyen, Contre la république il ne pourra plus rien.

CATON

César sera toujours César; pouvez-vous croire Que vainqueur de la Gaule, après dix ans de gloire Il ira dans la foule et s'y perdra? Non, non, César aura toujours ses victoires, son nom.

POMPÉE

Il est des noms aussi que l'on estime encore, Peut-être ; d'autres noms que la gloire décore. Des hommes qui n'ont pas triomphé des Gaulois, Mais dont il n'a pu faire oublier les exploits.

CATON

A part. Haut.

Toujours vain! ô Pompée, il faut que je te dise Enfin la vérité — tu connais ma franchise — Eh bien ! je suis pour toi, car je suis pour l'Etat ; Je suis pour toi, du moins tu défends le sénat. On voit autour de toi des gens considérables; Et César aujourd'hui n'a que des misérables, Dont chacun tour à tour par son or fut gagné.

eu RI ON à part.

Caton est insolent, mais est bien renseigné.

CATON

Tu ne fais plus (jadis tu n'étais pas si sage) De la plèbe pour nous un moyen d'esclavage.

180 CÉSAR

Mais saclic que César, ce général sans fi)i Oiio (n n'as pas su craindre à t(Hn|)s, (jiie iiialj^M'é toi Tn crains (>n ce iiituiiciil; si (|iicl(]ii'iiii ne l'amHe, S'il rovicnl parmi nous, |)aré de sa coïKpuHe, Adoré par le peuple, actif, iuibile, ardent, César, ambitieux autant qu'il est prudent, J/enq)orlera sur nous, sur toi, sur tout le monde : Si tu ne le crois pas, ton erreur est profonde.

POMPÉE

Caton, de vieux griefs te font ainsi parler.

CURION à part.

Bien ! l'on voulait s'entendre, on va se quereller.

POMPÉE

Caton m'a reproché, si je l'ai su comprendre, D'avoir flatté le peuple.

CATON

Oui, je t'ai vu descendre A cet indigne rôle, et de ta lâcheté César, je te le dis, alors a profité.

Puis, quand ton Clodius, lui tout meurtre et tout vice, Fut tué par Milon avec pleine justice, Tu parus au forum entouré de soldats, Comme si tu marchais à l'un de tes combats, Afin d'intimider les juges, la défense ; Et Cicéron troublé perdit son éloquence.

CICÉRON

Mon discours pour Mildn cependant a passé Pour être...

CATON

Celui-là ne fut pas prononcé.

Page 1