DEUXIÈME PARTIE
Le préteur Roscius et le censeur Pison,
S'efforcent vainement de leur parler raison ;
Demandent des égards pour toi, de la justice,
Que du décret lancé du moins l'on t'avertisse.
Ce sénat par Pompée et la peur entraîné
Sans t'entendre, César, t'a déjà condamné. •
Et l'on a prononcé cette formule antique,
Comme aux plus sombres jours de notre république :
Consuls, préteurs, tribuns, c'est à vous de songer
A défendre l'État, l'État est en danger.
C'est le signal du meurtre et des lâches attaques ;
C'est avec ces mots-là qu'ils ont tué les Gracques.
CÉSAR
Alors, qu'avez-vous fait?
Q. CASSIUS
En cette extrémité Voyant par le sénat notre appel rejeté. Poursuivis, menacés, en danger de la vie, Nous avons échappé tous deux à leur furie A grand'peine et cachés sous ce déguisement.
CURION
Eh bien! t'en faut-il plus. César?
CÉSAR
Non, le moment
A part.
Est venu. J'ai donc pu, maîtrisant ma colère, Les amener enfin à déclarer la guerre.
Haut.
Je m'en vais haranguer les soldats. Curion, Des tentes fais sortir ma seule légion.
196 Cl^SAK.
Q. CASSIUS
La soulo : cl lu pourrais avec iiiiclinics mille liomiiics Alla(iiicr une année?
Au point où nous en sommes, Lo nombre importe peu, la pi'dmptilinle csl (oui.
eu RI ON /ip.iit.
César plus Icslemcnt que l'autre se résout.
CÉSAR
Au camp!
Q. CASSIUS
Accorde-nous le temps qu'il faut pour mettre Des habits plus décents.
CÉSAR
Bien loin de le permcllre, Je veux qu'en ces habits poudreux et déchirés, En ces habits d'esclave et que vous honorez, Vous paraissiez au camp, ce n'est pas la tribune; Des vêtements pareils, c'est un coup de fortune.