PREMIER HABITANT
Ta récréation, ce semble favorite.
Si l'on en peut juger par ton attention
Aux jeux de ce matin. »
C'est une passion ; Et depuis que j'ai vu votre école combattre, Je ne saurais penser à rien autre... Des quatre Qui surpassaient très-fort leurs vaillants compagnons, Je vois encor les traits, j'ai retenu les noms. C'étaient... oui Cotylus, Cupidon, Hermogène Et Faustus. Celui-ci bondissait dans l'arène Comme un tigre... Il avait pour lui l'agilité, PourtanI à Cupidon l'avantage est resté; Il était plus solide, une carrure énorme. Hermogène semblait un hercule difforme ; Mais quel coup de trident au pauvre Cotylus! Par Cupidon tous trois enfin furent vaincus. Ils se sont défendus bravement; leurs blessures Ne les arrêtaient pas. Pieds fermes et mains siires,
904 CÉSAR
Du sang-froid, du cniii» d'œil; Fausliis étail pressant, Et Ciipidon allail llrcliir. Mais dans le sang Le pied glisse à Faiisliis et C.upidon le perce D'un Irait, point amoureux; alors à la renverse Fauslus tombe, et voyant qu'il n'est pas le plus fort, Froidement tend la gorge et reçoit Meu la mort. Ce moment fut très-beau, mais Col.\liis remjiortc, Et l'on ne vit jamais ex{)irer de la sorte... • J'en parlerais, je crois, toute la nuit... pourtant Il faut aller dormir.
C U R 1 0 N s'.ipproch.nnt bas A Césnr.
César, la mule attend A la porte du sud; à travers l'ombre un pâtre Doit nous guider.
CÉSAR .'iiix li.il)itants lie llnvciine.
« Adieu, de notre amphithéâtre
Je vais, je crois, encore en rêvant m'occuper. D'heureux songes! demain vous reviendrez souper.
LA NUIT, UN SENTIER CÉSAR, CURION, quelques soldats, puis LE VIEUX CENTURION.
CURION
Nous sommes bien perdus ; maudite nuit qui voile Le ciel et le chemin. Eh quoi, pas une étoile !
CÉSAR
Ces astres, Curion, dont les cieux sont semés. Pour nous, mortels d'un jour, ne furent pas formés.