‹ César, scènes historiquesChapitre 132 sur 261 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

MÉTELLUS

Ah ! je suis furieux, le dépit me dévore... Et vois-tu de vengeance un moyen?

CIMBER

Pas encore.

MÉTELLUS

Quoi ! partout à César sans lutte on a cédé... Arrêté nulle part, pas même retardé !

Pompée est vieux et vain.

CIMBER

Notre mauvais génie L'aveugle.

MÉTELLUS

Il faudra donc souffrir la tyrannie ?

CIMBER

Tu dois t'y résigner.

MÉTELLUS

Dieux!

On la souffrira.

Et c'est toi.

MÉTELLUS

CIMBER

Jusqu'au jour où le tyran mourra.

MÉTELLUS

Lui

-2\-2 CKSAU.

CIMBF.R,

Ce n'csl (iirum- idée ou l'aii', |iLMil-êti'o un rôvc. Il sera toujours temps do le frapper du glaive Quand nul autre moyen ne nous restera plus, Et nous n'en sommes pas encor là, Mélellus.

MÉTELLUS

Tout est bien dispersé, Cimbcr, tout fuit ou tremble?

CIMBlîR.

Non, tout n'est pas aussi désespéré qu'il semble, Il reste des Romains à Rome.

MÉTELLUS

Ils sont cachés.

CIMBER

Il en reste en Épire et très-bien retranchés.-

Crois-moi, lorsqu'une fois, la panique commence. Tout lui cède bien vite; et puis, celle clémence... J'espérais qu'il serait cruel.

CIMBER

Il y viendra Peut-être, et comme moi chacun le connaîtra. César n'est pas clément au fond ; par sa nature, Il est indifférent plus qu'un autre à l'injure : Mais pour lui la clémence est surtout nii moyen. César se sert de tout, ne laisse perdre rien. Sa gloire, sa valeur, sa clémence elle-même. Ce sont ses instruments pour le pouvoir suprême. Curion le sait bien, car il m'a rapporté Un discours de César fidèlement cité.

Page 1