TROISIÈME PARTIE
Punir cet abandon, me déchaîner contre eux ;
Des plus humbles Romains, qui sont les plus nombreux,
Faire tout mon parti ; — la masse populaire
Seulement, c'est trop peu. Je ne saurais me plaire
A ce rôle toujours... C'est bon pour commencer;
Mais à d'autres appuis je ne puis renoncer.
Mon adresse vers moi saura les reconduire.
Les persécuter, non, car je peux les séduire.
Je veux que Cicéron revienne repenti,
Que tout illustre nom décore mon parti.
Je veux que ma clémence attendrisse, rassure
Et désarme la haine en oubliant l'injure.
Surtout i)ar mes exploits, de chaque faction
Captiver le suffrage et l'admiration.
Et faire dire à tous : dans la paix, dans la guerre,
César est le plus grand, qu'il gouverne la terre.
Je me retrouve, allons... à de nouveaux combats,
Allons chercher Pompée en Épire... non pas :
Je ne veux point laisser sa force tout entière,
A loisir quelque jour m'attaquer par derrière.
Sa force est en Espagne où sont ses vétérans.
C'est là qu'il faut marcher, vaincre, grossir mes rangs,
S'il se peut, de soldats conquis par la victoire,
Pour aller l'accabler, revenir plein de gloire.
Et cacher ma puissance aux Romains éblouis,
Sous l'immortel éclat de hauts faits inouïs...
Oui, pareille espérance est bien vite formée,
Mais il faut de l'argent pour solder une armée.
Où le trouver? Les dieux à Rome ont beaucoup d'or;
Saturne dans son temple a sous clef le trésor.
Le trésor de l'État et que la loi protège.
L'État, je suis l'État ; la loi, vain privilège
Où je commande; en vain il est trois fois sacré:
Ce trésor, j'ai besoin de l'avoir, je l'aurai.
216 Cl^SAR.
LE T1:M1>LE de SATURNE
CÉSAR avec quelques soldats, un PnflTRE DE SATURNE, ensuite MÉTELLUS.
CESAR àlaporlc (lu trC'sor.
Que l'on ouvre.