LA TENTE DE POMPÉE
POMPÉE spiil.
J'ai donc vaincu César, et son astre a jiàli ;
Par ce coup, pour longtemps, il doit être affaibli;
Mon armée au contraire à chaque instant s'augmente.
D'où naît donc ce penser qui tout bas me tourmente
Et ce pressentiment qui me vient assiéger,
Oui, comme si j'avais à craindre un grand danger?
Tout .songe m'inquiète et même ceux qui semblent
Heureux. Dans mon théâtre, à l'heure où s'y rassemblent
Les Romains pour les jeux de la scène, admirant
Cet édifice aux Grecs emprunté, mais plus grand,
J'entrais, tel que j'étais à mes jeunes années,
Du laurier triomphal les tempes couronnées,
Les cheveux noirs, le front sans rides et l'œil fier.
Le peuple à mon aspect se levait tout entier.
Et, dans mon songe au moins, de Pompée idolâtre.
Ses battements de mains remplissaient le théâtre.