‹ César, scènes historiquesChapitre 147 sur 261 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Pourquoi ce rêve-là m'a-t-il épouvanté?

Hélas! c'est le passé qu'il m'a représenté.

Mes cheveux sont blanchis, mon front ridé par l'âge,

D'un plus jeune l'amour du peuple est le partage;

Il est infatigable et toujours jeune lui.

Ce que j'étais alors César l'est aujourd'hui.

Ces applaudissements qu'on m'adressait en rêve

On les donne à César, César me les enlève...

Mais ma tente s'emplit de rois, de députés,

Que de Grèce et d'Asie ont choisis les cités.

De consuls, de préteurs la clientèle illustre

Qui m'entoure et me suit sur moi jette un grand lustre.

C'est comme un firmament dont je suis le soleil.

César n'a dans son camp, je crois, rien de pareil.

POMPÉE, LABIÉNUS, DEJOTARE, roi de la Gallo-Grèce, LE DÉPUTÉ du roi Antiochus, LE DÉPUTÉ des Lacédémoniens, PISON, MURÉNA, CONSULS, PRÉTEURS, Personnages consulaires.

TOUS

.Salut au grand Pompée!

POMPÉE à part.

Ah! je suis grand encore.

Haut.

Vous tous venus vers moi du couchant, de l'aurore, Du nord et du midi, vous consuls, vous préteurs. Consulaires, tribuns du peuple, sénateurs, Seule la fausse Rome est restée en arrière, La véritable Rome est ici tout entière.

LABIÉNUS

Avec de tels appuis et de tels alliés.

Tu verras bientôt Rome et César à tes pieds.

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Mais |toiii'i|ii(ii lanlcs-lii, dans iiiic |ilaino oiiverle, De l'alioiilcr liii-môiiit' ; il scinltlc (jii'à sa |terl.e Il coiiil. car il paraît vouloir le |)r()VO(|iii'r. l'unis coIU' ini|)ruilen('o en allant raikujucr.

POMlM'ii;.

Los augiiros onror ne sont pas favoiajjles.

LABIl'NIS.

An courage toujours les dieux sont secoural)les. Dans le camp de César, où j'ai l()ng!ein|)s rlr, Je ne le vis jamais jiar un songe arrêté Ou par un Aruspex.

UN VIEUX SÉNATi:i;n.

César est un impie; Qui méprise les dieux au jour marqué l'expie. Et ce jour est venu pour César; leur couitoux Près de Dyrracliium l'a fait fuir devant nous. Ces vétérans fameux et vieillis dans les guerres, Que Gaulois ni Germains n'épouvantaient naguères, Ce sont de bons soldats, de braves légions, Mais respectant, je crains, peu les religions.

labii^;nus.

Moi, je crois qu'ils ont fui parce que notre épée

Est bonne, et qu'un Romain, commandé par Pompée,

Vaut seul douze Gaulois. Le Gaulois est vaillant,

Je le sais, et surtout, c'est un rude assaillant,

Un barbare après tout; et qu'est-ce qu'un barbare?

LE ROI DEJOTARE.

J'amène quinze cents Gaulois, moi Dejotare, Leur roi, barbare aussi; quand nous serons aux mains. On les verra combattre, et ce sont des Romains Qui fuiront devant eux.

LABIÉiNUS.

Cette arrogance est grande.

POMPÉE

Ici pas de querelle, à tous deux je commande.

PIS ON à paît.

Tiré dans tous les sens heureux qui peut marcher.

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