UN VIEUX SÉNATEUR
Oui, Pompée a r^^ison ; j'approuve sa prudence ; Un autre Fabius, un vieux Romain, je pense Comme lui, •
UN AUTRE
Moi de même.
LABIÉNUS
Eh oui, temporisons!
Dans ces retards sans fin c'est nous qui nous usons. Quand je contemple, moi, cette armée aguerrie, Tant de peuples divers, une cavalerie Comme on n'en vit jamais, la fleur du nom romain, Je voudrais me sentir les armes à la main En face de César, qui m'appelle un transfuge. Moi, je l'appelle un traître. Eh bien, que Mars nous juge !
MURÉNA
Et comment supporter plus longtemps les affronts Que chaque jour encor César jette à nos fronts : Ce sont de beaux guerriers, un escadron imberbe. Ne ferons-nous pas taire à la fin ce superbe? "Qu'il cesse de railler notre courage absent Et qu'il nous reconnaisse à la couleur du sang.