TROISIÈME PARTIE
Pleurer un ennemi?
LE JUIF
Peut-on, je le demande,
L'ARABE
César a lïime grande.
CÉSAR toujours sans rt'gariler Théodotos.
Va- t'en.
Théodotos s'éloigne, la foule le suit.
Ammonius, peut-être l'on croira Peu sincères mes pleurs, et l'on se trompera. Oui, j'ai senti vraiment une pitié profonde, Pour celui qui longtemps me disputa le monde. Je plains un grand destin qu'achève un grand malheur. Eh! pourquoi serait fausse et feinte ma douleur? Je ne le craignais plus. Et puis dans nos fortunes, Il était entre nous tant de choses communes, De luttes, de comhats, même le sang versé, Pompée était partout pour moi dans le passé. Sa destinée était à la mienne attachée. On dirai4; de ma vie une part arrachée. Parmi mes ennemis il n'est plus de grand nom, Il n'en reste qu'un seul que j'estime, Caton. Ah I cher Ammonius, ma pensée est flétrie, Je ne saurais songer à la philosophie; Je songe que si beau qu'ait été notre sort. Nous pouvons tous Unir par une triste mort.