TROISIÈME PARTIE
CÉSAR
Oui, mais ce qu'à cette lieure encore je regrette , Bien plus que mon cheval et plus que ma défaite, Sont les livres brûlés, sans le vouloir, par moi. Lorsque j'incendiai le palais de ton roi.
CLÉOPATRE
Mon seul roi, c'est César.
Je ne pouvais permettre Qu'Achillas eût la flotte et le feu j'y fis mettre ; Il gagna le palais ; quand je vis consumer Par un feu que mon ordre avait fait allumer Ces écrits précieux et ces antiques pages. Monuments qui devaient être immortels des âges, Je fus plein de douleur : l'homme est né pour mourir, Mais sa pensée au moins ne devrait pas périr. Non, tout meurt des humains, jusques à leur mémoire, Et de César un jour on oubliera la gloire. •
CLÉOPATRE
Ceci, c'est, j'en conviens, quelque chose; est-ce assez? A Némésis as-tu satisfait? Je ne sais.
CÉSAR
Je vais quitter ces lieux, ce sera sa vengeance.
CLÉOPATRE
Tu veux partir, César?
CÉSAR
Demain, Ma diligence N'a que trop fait défaut ici depuis un mois.
•jss r.KSAii.