TROISIÈME PARTIE
CÉSAR
Que dis-tu? Némésis, Une déesse grecque! Ah ! je crois en Isis, C'est ma divinité, la seule,
CLÉOPATRE
Pour cette heure, Volage, car bientôt tu dois partir; je pleure En y pensant.
Fermons les yeux à l'avenir:
De l'homme le bonheur comme lui doit finir. Eh! bien, ta Némésis?
CLÉOPATRE
Sa puissance est terrible.
Être heureux constamment, César, n'est pas possible. Il faut donner un gage aux sombres déités Par qui les beaux destins sont toujours arrêtés. Et si je m'en croyais. César, puisque tu m'aimes. Que l'on ne vit jamais de fortunes extrêmes. Et qu'il faut du malheur toujours dans notre sort, Pour te sauver du tien j'embrasserais la mort. Parfois, voyant le Nil et ses vagues profondes. Il me prend un désir de tomber dans ses ondes.
CÉSAR
Prends garde, sur le bord je te vois trop pencher. Mais je nage assez bien et j'irais te chercher.
CLÉOPATRE
César, crains Némésis.
CÉSAR
Pour i-alincr celle crainte, Sache que mon lionlieiii' ne fui pas sans atlcinle. Kl d'aliorcl, j'ai perdu mon cheval favori.
CLÉOl'ATllE.
Ali! ce n'est pas assez, Némôsis en a ri.
CÉSAR
Comment? un tel cheval en son espèce rare, Unique, avec des pieds humains.
CLÉOPATRE
C'était bizarre D'ailleurs, et non pas beau ; cet étrange animal, Avec ses pieds humains, devait courir très-mal. Non, Némésis encorne peut être contente.
CÉSAR
Près de Dyrrachium ma défaite éclatante.
CLÉOPATRE
Elle a grandi ta gloire en faisant admirer Quel parti d'un malheur César savait tirer.
CÉSAR
J'eus aussi des revers devant Alexandrie.
CLÉOPATRE
Ce fut bien fait, pourquoi combattre ma patrie? Mais ces revers d'un jour ne t'ont pas arrêté, Et tu l'as prise enfin cette grande cité.