UTIQUE. LA MAISON DE CATON
CATOIN, CANIDIUS, ami de Catoii, ensuite NUMATIUS. CANIDIUS.
Toujours triste?
CATON
Toujours.
CANIDIUS
Toujours l'âme assombrie?
CATON
Je porte incessamment le deuil de la patrie, Et de Pharsale encor rien ne m'a consolé !
CANIDIUS
Depuis ce jour fatal, le front dur et voilé
D'un nuage, l'air morne et les regards farouches,
A l'heure des repas, jamais tu ne te couches
Sur un lit, tu les prends assis, comme le font
Ceux que dans leurs amis frappe un malheur profond.
902 CKSAIl.
CATON
Ce mallieurest sans terme... ici.
CANinins ?> l'.'tt.
Cœur inllcxihlc !
(Haut.)
Je le crains bien, Caton. César semble invincible, l'ar rien, dans l'univers, il ne lui airOlt'; Tout cède devant lui, plie à sa volonté.
Tout peut plier, hors moi.
CANIDIUS
Ce Pharnace intrépide
CATON
Il mérita son sort, il était parricide.
CANIDIUS
A Rome, César trouve une sédition.
Ses soldats mutinés ; mais leur rébellion Ne trouble pas César. Réclamant ses promesses, Ils exigent de lui des terres, des largesses ; Il refu.se; eux, voulant le contraindre à céder. Parce qu'il a besoin, croient-ils, de les garder, Demandent leur congé, pensant bien le confondre Et l'embarrasser for! ; il se borne à répondre Qu'ils recevront de lui ce qu'il leur a promis, Quand par (ïautres .seront vaincus ses ennemis, Calme, les congédie, et, pour toute vengeance. Punit les factieux par sa froide indulgence. Ils rougissent alors; vaincus, humiliés.
Implorent son pardon et tombent à ses pieds.