UN AUTRE MARCHAND
Antique, j'en conviens, homme d'un autre temps. Et c'est là le malheur.
UN AUTRE
Silence! je l'entends; Mais il ne gronde pas, c'est étrange.
UN AUTRE
0 ma femme, Mes enfants ruinés!
UN SÉNATEUR
Veux-tu te taire, infâme!
CATON aux trois cents marchands.
Je vous rends grâce à tous d'avoir, jusqu'aujourd'hui,
A Rome, en ces périls, conservé votre appui.
Et d'avoir constamment, durant ce temps critique.
De voire or, vos conseils, servi la république.
Le service en ce jour que je viens implorer.
C'est d'attendre et ne pas cncor vous séparer...
Si vous vous dispersez, votre fuite isolée
Sera facilement par César accablée,
Si vous restez ensemble unis et résignés.
Vous aurez plus d'espoir de vous voir épargnés.
UN MARCHAND
Quelle douceur!
Caton sait tempérer sa bile.
UN si':NA'ii;rn.
Parce (lu'oii usl huiuuMe un n'csl pas lualliahili',
UN ALTHK.
Il est honinic de sens el point iirésoiiiptiioiix.
UN MAi;CUA\D.
Mais Céiar le dit fou.
UN SÉNATEUR
C'est qu'il est verlneux.
CATON
De se rendre à César si le conseil l'empoi'te,
C'est la nécessité qui sera la plus forte,
Me dirai-je... Mais si vous aviez arrêté
De livrer un combat pour votre liberté,
Je dirais: Voulez-vous essayer la fortune
De la vieille patrie à tout Romain commune,
La fortune de Rome ; elle a vu les Gaulois
Dans ses murs, Annibal à ses portes; vingt fois
Alors qu'on la croyait perdue, anéantie.
De périls qui semblaient plus grands elle est .sortie.
Tous les cœurs ne sont pas avilis, abattus.
L'ibérie est encore au pouvoir de Sexlus,
El là tiennent toujours les deux (ils de Pompée.
César n'est pas le maître; oui, Rome est u.surpée.
Mais Rome est frémissante et n'a point accepté
Tout à fait la bassesse et la servilité.
Et nous, ne soyons pas des lâches qu'on rnépri.se.
Faisons comme César qui, pour son entreprise
Perverse, chaque jour expose hardiment
Ses jours que doit des dieux frapper le châtiment.