TROISIÈME PARTIE
Consultez-vous d'ailleurs, décidez par vous-niêines, Et priez les grands dieux, ces conseillers suprêmes, Pour que d'un désir droit vous obteniez le prix, Au parti le meilleur d'incliner vos esprits.
UN SÉNATEUR
Les dieux sont avec toi, Gaton.
UN MARCHAND
Noble langage!
UN AUTRE
Un discours à la fois et si ferme et si sage ! Entre César et lui comment donc hésiter ?
UN AUTRE
A cet appel, pour moi, je ne puis résister.
UN AUTRE
Pour la première fois je me sens héroïque.
Calon, contre César nous défendrons Utique.
UN AUTRE
Mais c'est bien périlleux. Je ne sais si je dois...
UN AUTRE
Les autres le font bien, on ne meurt qu'une fois.
PLUSIEURS VOIX
Oui, dispose'de nous.
D'AUTRES VOIX
Oui, oui, nous serons braves.
UN M ai; (Il \M).
Ji' ne ri'ctimuiis rien ici.
UN M I m;.
Que les esclaves Soient libres, avec nous comballenf...
C ATO\.
iVrmeUcz ; Les esclaves, amis, sont des proprièlés. Mais que ceux qui voudront les aiïranchir, le fassent, Et que parmi nos rangs ces alTrancliis se placent. Un esclave, Vindex, sauva la liberté.
(A pjllt.)
Un jour de plus, César, je t'aurai résisté.
(Caton sort.1
UN MARCHAND
Caton sort bien content, de nous, de notre ville.
UN AUTRE
S'il n'était pas content il serait difficile.
Car pour lui nous faisons un magnanime elTort.
UN AUTRE
Qui nous coûtera cher.
UN SENATEUR
Quoi, ce noble trnnsport Qui t'enflammait, déjà se refroidit, se glace?
LE MARCHAND
Non; moi je suis toujours transporté, plein d'audace. Seulement je comprends la grandeur du péril.