‹ César, scènes historiquesChapitre 208 sur 261 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Quand la force triomphe et qu'on est enchaîné,

Quand on est citoyen d'un pays prosterné,

Quand on souffre un tyran, quand on vit sous un mailre,

L'on peut se dire libre, au vrai l'on ne peut l'être,

Et contre l'esclavage on a beau faire elTort,

B;iissant la voix.

L'esclavage vous tient, mais jusques à la mort Seulement.

CANIDIUS

Il sourit; qu'a-t-il dit à voix basse?

NUMATIUS

Je ne sais, mais je crains.

RABIRIUS.

Je crains aussi.

De grâce.

Ne soyez pas ainsi tristes et soucieux. Et, pour nous délasser d'un sujet sérieux. Parlons de nos amis et de leur fuite heureuse : Ils voguent maintenant sur la mer ténébreuse. Espérons que le vent va tomber cette nuit, Que l'astre de Vénus rayonne et les conduit. Allons, demeurons-en sur ce riant présage.

CANIDIUS

Je ne suis pas tranquille.

NUMATIUS

Et moi pas davantage.

CATON

Amis, adieu, dormez d'un paisible sommeil. Et vous donnent les dieux un fortuné réveil !

.m CKSAU.

Nous soiniiics en leurs mains, It-iii' sa.crosso osl sii|Mrm(\

(ilici- Apiilloiiiilrs, |)riii(''li'iiis (iiic j'aiiiic,

Adieu. .Mon \ieil ami, mon Itoii (laiiidiiis,

Ne le qiiei'clle |)as avee Niimaliiis.

Boiisoii', Haliiiiii^, iiiun coiniiaLjiioii de .liiicrrcs,

('alon vous ( liéril lous, \\\{'/. loujourseri l'iries,

Adieu. .Mou lils, demeure.

Ions sofleiil «xcciilr k" (ils ilc Cnloii.

LE FILS DH CATON

.Ml ! je Iri'inlile.

Vraiment!

J'oiiniuoi treiui)ler, je l'aime; oh! oui, bi(.ii leiidremenl. Embrasse-moi, mon lils, allons, pas de nuage Sur ce front jeune cl pur que je baise... A ton âge Il laiil être plus gai. Hue dis-je? pauvre enfant! Uuel avenir pour toi! César est triomphant. Il n'est plus d'espérance, il n'est plus de patrie. Ecoute-, d'une chose instamment je te prie : Renonce à tout projet d'un rôle dans l'Etat; Tu ne pourrais le faire avec un peu d'éclat Qu'eu trahissant un jour ton nom et ma mémoire; Sois vertueux, mon hls, mais renonce à la gloire, Elle n'est plus possible. Adieu, va reposer, Je vais en faire autant. Encore ce baiser, Encore dans mes bras. Adieu, mon fils.

LE FILS DE CATON

Mon père !

Il S'il «''poidii.

Pour la dernière fois je l'ai vu sur la terre.

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