DÉMÉTRIUS
Définissons d'abord le sens du mot vertu.
Notre philosophie est, tu le sais, fondée
Sur deux principes : c'est la matière et Vidée;
La vertu qu'on enchaîne ou qu'on fait prisonnière
A, de la liberté Vidée, et la matière
De cette liberté lui manque dans les fers;
Ca matière du lihre est laissée au pervers ;
318 CKSAlt.
Mais Yidc'c csl ahscMilc; (Mi racccid du ((niliaiiv, 'l'oiil iV'sidc : 1(^ liit'ii cl l'ulilc soiil livres. On lie poiil séparer, eonime voiidrail l'ialon, — lMiiss(> me iiardoiiiier son srand ami (laloii ! — Esprit el eoips, ou bien malière, iiilelligoiicc, Leur union vivante est de l'homme l'essence. On ne saurait donc dire, avec quelque raison, Que l'on puisse ôtrc libre en étant en prison, Car le corps est captif,
CATON
ïa répartie est fine, Mais la subtilité pour moi trop y domine. Comme A|)ollonidès, je le dis : le mécliant Est esclave, du vice esclave, ou du penchaiit Mauvais qui le tourmente et (jui le tyrannise. J'admire de César le génie et méprise Ses vices; le plus grand, c'est son ambition ; Et c'est son esclavage; oui, toute passion, Comme un antre tyran, quand elle règne, opprime. On ne s'anVanchit pas, mais on sert par le crime, On sert ce qui subjugue, et notre cœur dompté Par une passion n'a plus de liberté.
Oui, César est esclave en oi)primant les hommes. Mais, quoi que le portique en dise, nous le sommes. Nous aussi, c'est trop vrai. Je n'ai point accepté Des autres stoïciens l'axiome vanté, Qu'esclave dans le fait, on peut, par la pensée, Être libre : maxime à mes yeux peu sensée. Qui, moi je serais libre, alors qu'il me faudrait. De César, mon vainqueur, attendre mon arrêt! Frappé par ses licteurs, ou recevant ma grâce De lui, je serais libre! Ah ! non, quoi que l'on tasse,