TROISIÈME PARTIE
Oui jamais invita, l'on croit lire des fables, Les citoyens romains à vingt-deux mille tables? Au degré le plus liaut ton pouvoir est monté; Enfin, jouis en paix de ta prospérité.
Rien n'est fait tant qu'à faire il me reste. Eu Espagne Maintenant. Ce sera ma troisième campagne En ce pays. . .
ANTOINE
Pourquoi cette expédition En Espagne? Il n'est plus de roi, de nation Que n'ait à ta merci fait tomber ton épée. . .
CÉSAR
Il faut soumettre encor les deux fils 'de Pompée.
ANTOINE
Qu'en crains-tu ? Laisse-les dans ce pays lointain Lutter contre la force et contre le destin; Ici, triomphe en paix, et vainqueur de la terre, Fais par des lieutenants terminer cette guerre.
CÉSAR
Non, César ne croira son pouvoir affermi
Que lors(iu'il n'aura plus au monde un ennemi.
Mi ci: s vit
i,i; CAMP i)i: c:i;sAi{ ih:vant la \im.I'; mk mi .m»a i:N
j:si>A(;m:.
CftSAll.
C.'osl mon (li'i'iiici" coinlKil (jiH'.jc li\n' <'ii l'Espagne;
Si je \c pcids. luiil c.nI iicnlii; si je le i^iiiziic,
L'univers est à moi. — Ce jour csl iiii|i(Mlanl,—
Le desliii (Je César de eelle lieuie ilrpeuiC
Et vaincre, ce n'est pas une petite allaiic,
Jen'a\ais jias comj)lé sur une telle j54ierr(;;
C'est le dernier ell'ort de tous les Pomjjéiens,
Puis un peuple vaillant, les CeUibériens.
Le soldat se nmline, on parle de se rendre;
Ce matin, traversant les rangs, je viens d'entendre
Des cris séditieux que j'ai feint d'ignorer;
Je soupçonne (juekiu'un ici de conspirer
En ]»roj)ageanl tout has des rumeurs mensongères.
Peut-être ces terreurs sont-elles |)assagères
Et les verrai-je fuir à l'heure où l'on se bat.
Je ne saurai cela bien que par le combat. —
Celte guerre qui va faire; ma destinée.
C'est une guerre atroce, implacable, acharnée.
Au siège de Cordoue on a fait des remparts
De corps amoncelés, et planté sur les dards
Des têtes. Mon armée aux horreurs s'iiabitue.
J'aime encor mieux cela (jue la voir abattue.
Comme elle est maintenant, sans élan, sans ressort...
Si Sextus est vain(|ueui', je me donne la nioit.
TUOISlftME PAUTIE. 333