QUATRIÈME PARTIE
Comment fais-tu pour joindre une prose choisie, Et l'éloquence encore avec la poésie?
CICÉRON
Et lui-même, César, à tous a bien prouvé Qu'on peut être à la fois orateur achevé. Élégant écrivain, grammairien, poëte, Partout où son pied pose il fait une conquête.
CÉSAR
Tu me pardonnes donc de t' avoir réfuté?
CICÉRON
Ah! ton Anti-Caton; moi, je fus enchanté, D'avoir pour adversaire un vainqueur de ta sorte. Caton avait-il tort? tu l'as vaincu, n'importe...
CÉSAR
Laissons, cher Tullius, ce sujet de côté, C'est de la politique.
CICÉRON
Oui, pour la hberté.
Je combattais alors. Oui, pour la même cause, On me verra toujours combattre...
CÉSAR
Pour ta prose Moi je combats; à ceux dont l'extrême rigueur Te reproche la pompe et parfois la longueur. Je dis que l'ornement sied à l'art oratoire ; Quand on fait un discours, on n'écrit pas l'histoire. L'histoire veut un style élégant mais concis. Où tout soit naturel, simple, animé, précis.
•A&2 CKSAU.
CICfinON.
Oui niiiiu'llc (Ml iiii mol relui dos CommcnUiires.
Ah ! je n'y pensais pas.
Ces critiques austères, Oui nio reprorlionl tant, Côsar, ma dirtion Trop ponipoiisc, cl je crains que leur opinion, Ne soit un peu la tienne aussi, ceux-là prétendent... Dois-je?...
CÉSAR
Tout est permis à ceux qui se défendent.
CICÉRON
Que ton style n'est pas assez nombreux, savant.
CÉSAR
C'est que je crois encore agir en écrivant,
CICÉRON
Cette observation faite, et César pardonne, Je crois.
CÉSAR
La liberté, lu vois que je la donne.
CICÉRON
J'ajouterai de même avec sincérité.
Qu'a la prose il n'est rien d'égal pour la clarté, La fermeté modeste et digne, c'est attique, El c'est romain.