I.A .MAISON ni: lUlliTUS
nnUTUS seul, tenant un l)ill(>l ouvert, ensuite CASSILS. RFJUTUS.
Tii dors, Brutus! Oui, c'psI mou nom : ma gens descend
De ce fameux Brulus qui fit couler le sanp;
De ses fils par liorreur pour les rois ; l'on m'invite
A répandre le sang moi-môme, l'on m'excite
Chaque jour à saisir le poignard de Calon
Mon oncle, pour percer le cœur de César... Non,
Ce n'est pas tant qu'il m'ait fait grâce après l'harsalc,
Sa clémence est un art et pour tous fut égale;
Ce n'est pas tant non plus que comme dictateur
Au lieu de Cassius il m'ait nommé piêtcur :
Il craignait Cassius plus que moi... Mais il m'aime,
Il a de la grandeur, il m'est cher à moi-même.
Au poignard de Brutus le peuple est-il réduit?
D'autres peuvent le faire, en recueillir le fruit.
Je ne désire rien, ni grandeur, ni puissance.
Je veux demeurer pur, — et puis de ma naissance
Le mystère... Oui, je sens, dans cette obscurité,
Par un pouvoir secret mon bras comme arrêté...
Ah ! c'est bien lâche à toi, Brutus. Quelle faiblesse!
Toi, neveu de Caton, toi sur qui la noblesse
De Rome a l'œil fixé, qui peux éterniser
Ton nom par un grand coup, toi, Brutus, refuser!
Point de paix, de repos pour moi, quoi qu'il advienne.
Oui, quel que soit mon choix, que j'agisse ou m'abstienne,
Je serai malheureux. Mais qu'importe, ô vertu !
C'est toi que je veux suivre. Eh bien ! réponds : qu'es-tu ?