‹ César, scènes historiquesChapitre 33 sur 261 · LE VOISIN · texte numérisé non relu

LE VOISIN

Puisque chez toi ce soir on fête la déesse, Tu peux dormir ici, Cicéron, je te laisse.

Il sort

ClCÉllON seul d'abord, puis ensuite TI';1U:NT1A cl TULLIA.

CICfiRON.

C'esl pour loi le graïul jour, ô I\I;irriis Tullius, 11 faut d'un vieux lloniain tloployer les vertus, Et donnera Ion nom la gloire la plus belle ; Mon consulat s'illustre, un dangereux rebelle, Fameux par le désordre et par l'assassinat, Ma voix l'a terrassé trois fois'en jjlein sénat. Oui, de me surpasser, j'avais la conscience:

« Jusqu'à quand abusant de notre patience? »

Quel cxorde ! il a fui, c'en est fait. — Ces discours

Demeureront, je crois, modèles à toujours.

J'ai rencontré des traits que n'a point Demoslliènc

Que Ton appellera le Cicéron d'Athène.

Maintenant il me reste à prendre un grand parti.

Du plan des conjurés par Crassus averti,

Quelle marche ai-je à suivre? Allons, Marcus, prends garde,

L'avenir jugera, l'univers te regarde.

Les sages que le monde a toujours honorés,

D'accord sur d'autres points, ici sont séparés ;

Ceux-ci vers la douceur, d'autres vers la clémence

Penchent, le sage vrai doit tenir la balance

Égale entre eux, peser prudemment la valeur

Des arguments divers et choisir le meilleur;

Mais, je n'ai pas le temps d'observer la méthode

Des académiciens, ce serait plus commode ;

Le temps presse, il me faut agir, non raisonner.

Si je fais arrêter d'abord, puis condamner

Lentulus, Célhégus avec tous leurs complices ;

Si de ma propre main, je les livre aux supplices?

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