‹ César, scènes historiquesChapitre 36 sur 261 · DEVANT LA MAISON DE CICÉRON. — LE MATLN · texte numérisé non relu

DEVANT LA MAISON DE CICÉRON. — LE MATLN

LE VlÎTÉRAN DE SYLLA, LE GLADIATEUR, LE PROLÉTAIRE.

LE VÉTÉRAN

Le gladiateur!

LE GLADIATEUR

Oui.

LE VÉTÉRAN

Qui, toi? que viens-tu faire?

LE GLADIATEUR

Nous sommes enrôlés dans une même affaire... Ici ce que tu viens faire, probablement.

LE VÉTÉRAN

Il est dur de trouver un pareil garnement Partout. Serais-tu donc aussi de l'entreprise ?

LE GLADIATEUR

Sans doute; Cicéron, ce coup, celte surprise... Tu vois qu'on peut parler .sans crainte.

62 (;i;sAi{

Lii vtTi';nAN.

nu'rsl cela?

On ne connaissait pas ce moi avec Sylla. De la sorte, il s'agit de dùpOclier cet iioniiiic ; C'est sans doute un proscrit... on proscrit donc à Rome Encor comme au bon temps du grand Cornélius. Soujement je ne sais quel est ce Célliégus, Le neveu de S} lia ne l'a pas dit.

LE GLADIATEUR

Qu'importe !

Pourvu que le sang coule et que cela rapporte.

LE VÉTÉRAN

Et de plus je serais bien aise qu'on m'a])prit Ce qu'est ce Cicéron.

LE GLADIATEUR

Un plébéien maudit.

LE VÉTÉRAN

S'il est plébéien, toi, du parti populaire. Pourquoi l'assassiner?

LE GLADIATEUR

Pourquoi ? pour le salaire.

Je ne demande pas, pourquoi? non, mais combien?

LE VÉTÉRAN

Que lui reproche-t-on?

LE GLADIATEUR

Ma foi, je n'en sais rien.

Question qui, par moi, n'est jamais débattue; Tuer est mon état, on me paye et je tue.

PKEiMlÉUK I»ARTIE. 6:j

LE PROLÉTAIRE

César ne Tainie pas ce Cicéron, je croi, Il résiste à César et c'est assez pour moi.

Les mêmes, UN AFFRANCHI, CÉTHÉGUS suivi d'un esclave.

L'esclave frappe à la porte de Cicéron. CÉTHÉGUS.

Frappe, frappe plus fort. Nul n'ouvre... Qu'on me nomme ; Céthégus et qui vient pour le salut de Rome Lui parler; l'insolent! il ne m'ouvrira pas.

L'AFFRANCHL

Je crains que vous n'ayez ici perdu vos pas. Je sais de bonne soui'ce, ainsi que toute chose, Qu'au logis TuUius n'a point dormi; la cause Est que, chez le consul, les matrones sans bruit, Selon l'usage ancien, célébraient, cette nuit. Les mystères sacrés de la Bonne Déesse • D'oîi tout homme est exclu.

LE VÉTÉRAN s'asseyant à terre.

Dès lors, rien ne nous presse, Nous l'attendrons ici.

CÉTHÉGUS

Non, allons le chercher.

Venez, dans quelque coin qu'il puisse se cacher, Nous saurons le trouver. Mais d'où naît ce tumulte?

64 CKSAU.

I.Fs inrci'nKNTs, (.ICl'iROX Piitouiv de Ji:iM;S PAI HICIKNS vl de CUEVALIIiUS qui l'cscorlcut.

L'ESCOIITE DE CICÉRON.

Défendons Cicéion.

UN .IRUNK PATnîCIKN.

Le premier qui l'insiille Est mort.

UN CHEVALIER

Que faites-vous là devant sa maison ?

ciVriii^iGUS,

Quatre contre deux cents. An revoir, Cicéron.

LE VÉTÉRAN

Tombons sur eux.

LE GLADIATEUR

Tombons.

CÉTHÉGUS

Non, non, sur votre tête !

Que nul ne fasse un pas!

CICÉRON

Célbégus, je t'arrête Au nom du peuple, au nom de l'État menacé.

CÉTHÉGUS

Quelle audace ! jamais je ne l'aurais pensé.

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