CADIX
CÉSAR seul se promenant au bord de la mer.
CÉSAR
En un an j'ai soumis ce qui de l'Ibérie Ne l'était pas encore, une race aguerrie. Aujourd'hui je me trouve au bout de l'Occident Et, comme dit Homère, au bord du Ilot grondant. Par de là cette mer peut-être il fut un monde, L'Atlantide engloutie. 0 pa.ssé, nuit profonde !
^»4 ci:; S A II.
Ma pt'iisiV est il Homo, an l'oiiiin, au sùiial...
Voici ri'U'i'lion bientôt du consulat.
Ali ! j'aurai iiucl(|ut' [jcinc ;i li-i()ni|ilii'i-, u'iinpoilc,
Il faudra ([ue César, comme toujours l'emporte.
Sur Pompée et Crassus, je compte m'appuyer
El pour cela tous deux le.-, réconcilier.
Crassus n'aimera pas cette paix... peu complète,
Je le payerai, l'Espagne acijuitiera ma dette.
Que de soucis mesquins, de petits embarras I
Mais tu dois vaincre tout. César, tu les vaincras.
Quelle est celte statue? Alexandre... Alexandre!
Mais d'où vient que je pleure? Il se peut? moi répandre
Des pleurs ! AIi ! je sais trop ce qui les fait couler :
Je me sens jusqu'ici bien loin de l'égaler.
A mon âge il mourait... mais il laissait la terre
Pleine d'un nom immense, et moi je n'ai pu faire
Rien encore de grand. 0 mortel glorieux I
Digne, ainsi qu'on disait, dl^être le fils des dieux —
Si les dieux existaient ! — Alexandre, j'envie
Le foudroyant éclair de ta rapide vie.
Que ne suis-je avec toi dans le néant perdu
Pourvu que fût mon nom des siècles entendu I
Ton sort était meilleur, roi, fils de roi, ton père
Avait tout préparé pour toi, tu fis la guerre,
En maître, en souverain et sans être forcé
De conquérir toujours un pouvoir traversé;
D'obtenir tout du peuple, et pour cliaquecntrepri.se,
De gagner, de llaller des gens que je méprise.
D'emprunter à Crassus!!! pour pouvoir acheter
Les moyens d'être grand et d'un jour l'imiter.
Eh bien ! ce sera là sur toi mon avantage :
Conquérir le pouvoir qui fut ton héritage.
Je n'ai pas, moi, des Grecs, des Macédoniens,
Sujets obéissants comme furent les tiens.