‹ César, scènes historiquesChapitre 58 sur 261 · POMPÉE, CÉSAR · texte numérisé non relu

POMPÉE, CÉSAR

POMPÉE

Dans Rome! et le triomphe? as-tu donc obtenu D'entrer auparavant?

CÉSAR

Caton n'a pas voulu Qu'avant de triompher je misse un pied dans Rome. II a cité des lois.

POMPÉE

Ah ! je reconnais l'homme, Il en a fait autant pour moi-même autrefois. Caton est odieux, des lois, toujours des lois !

CÉSAR

Nous en sommes bien là.

POMPÉE

Tu perds donc l'espérance Du triomphe, c'est dur.

100 Cr.SAR.

CIÎSAR.

J'ainio mipiix la puisi^riiicc.

(^diiiiiK' il s'agit pour moi tin consulat, (jiir j'ai IJcsoiii d'rtrc pivscMil, je me vois obligô D'ubaïklounor l'éclat pour saisir lo sulidtv

l'OMpr, K.

Le li-ioiiii)li(' est pourtant bien beiii, poiu[)e s[)l('UiliJi', (^Uiand le iriompbalcur debout el radieux Sur un char éclatant s'avance, égal aux dieux, Que chacun l'applaudit, que chacun le regarde, Quand, suivi des soldats, il a pour avant-garde Les cajjtifs, quand les rois suppliants, enchaînés. Courbent devant son char leurs fronts découronnés , Quand les trésors d'Asie et les marbres de Grèce , Tout ce que l'univers enferme de richesse, Tout ce qu'ont d'inconnu les plus lointains pays. Rehausse encor sa gloire aux regards éblouis. Ainsi dans mon premier triomphe... car j'en compte Déjà trois.

CÉSAR à pan.

Tl est long Magnus, quand il raconte ,

' Ses hauts faits.

POMPÉE

Je voulais, de l'Afi'ique vainqueur, Avec quatre éléphants, entrer, quand, sort moqueur ! La porte de la ville, ô porte maladroite! Pour tout cet attelage elle était trop étroite. Eh ! bien, tant de succès, tant d'exploits triomphants Ne m'ont pas consolé de mes quatre éléphants.

CÉSAR

Cependant, ton dernier triomphe était de sorte A te faire oublier cette fàch(>usc porte.

IMIEMIÈUE PARTIE. 101

POMPÉE

Jl est vrai, l'on voyait là vingt fois répétés,

Les noms des rois vaincus et des peuples domptés.

C'était Pont et Colcliide et Mésopotamie,

Et puis la Cappadoce et la Paphlagonie,

Ciliciens, Phéniciens, Ibériens, Albaniens,

Mèdes, Arabes, Juifs, Syriens, Arméniens.

CÉSAR

Pour moi j'avais fait choix, aux lois de la patrie Ayant rapidement enchaîné l'Ibérie, De trois mots que je compte employer derechef : Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu.

POMPÉE

C'est bien bref

CÉSAli.

Laissons l'amusement des foules curieuses, Le triomi)he, cl parlons de choses sérieuses. C'est demain des consuls la nomination.

Serai-je élu?

POMPÉE

Je dis, sans hésitation, Oui, car tous mes amis sont pour toi, — chose faite.

CÉSAR

11 nous faudrait Crassus.

POMPÉE

Ah! Crassus, pauvre tète.

Nous n'avons pas besoin de ce riche intrigant. Un triste général.

K» CÉSAR

CÉSAR

Il est tiès-éloquf Sans compter de son or la mueue tiu^ucnce. Il a sur le sénat une grande influence.

POMPÉE

Cest ! ;i nomme.

CÉSAR

Oui, mais on est clienl, On est pauvre, et parfois en priant, en pavant Des plébéiens auxquels il sait ainsi complaire. Tel sénateur coc e,

Et par là, par son or, uiu^- ^ider

Avec nous ce^ : à dhi^ -,

El je croirais prudent d

POMPÉE ap»rt

César veut s'acquitter envers son crt,iii»..cr.

Baot.

J'y répugne.

CÉSAR

Ty tiens et ne puis rien conclure Avec toi sans Crassus.

POMPÉE

Je persiste à l'exclure.

Je le hais.

CÉSAR

Ce n'est pas pour lui ton amitié Que je demande, on peut haïr son allié.

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