‹ César, scènes historiquesChapitre 63 sur 261 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

L'AMI DE LUCULLUS

Il a besoin de vous.

LUCULLUS

Et vous serez sa dupe.

CÉSAR

Il en est parmi vous qui misérablement

Vivent et que la faim menace à tout moment,

Qu'attend, pendant que nous, les heureux de ce monde,

Goûtons tous les plaisirs, injustice profonde!

Une mort misérable en leurs tristes abris ;

Rome doit des secours à ses malheureux fils.

Je propose une loi que je crois salutaire;

L'heureuse Campanie est une riclie terre,

Qu'elle soit partagée et passe dans les mains,

Pour alléger leur sort, de vingt mille Romains,

Ayant ou trois enfants ou plus.

UN GRAND NOMBRE DE VOIX

Soit acceptée Cette loi de César.

CATON

Qu'elle soit rejetée.

Je la tiens dangereuse. On veut vous acheter, Quand vous serez vendus...

VATINIUS.

Gardez-vous d'écouter • Votre ennemi Caton .

LE PRO LfiTAIRE.

Oui, que Caton périsse.

Car il est l'ennemi du peuple.

110 CÉSAR

Ne veut pas...

CATON

La justice

VATINIUS.

\a' CDiisul, le iiouiilc, les liiliiiii.s Le \('iil('iil.

L'AMI DE LUCULLUS ACaiop,

Ces discours sont-ils bien opportuns?

LUCULLUS

Qu'espères-tu, Caton?

Est-ce là ton courage Dans la guerre éprouvé?

LUCULLUS

L'on se calme avec l'âge.

L'AMI DE LUCULLUS

Parle et compte sur nous.

CATON inontcint sur un endroit élevé.

Je parlerai d'ici.

Quelqu'un m'a menacé de la mort, me voici.

t'ii silence.

Romains, César vous trompe, il veut votre esclavage.

VATINIUS.

il accuse César.

LE PROLÉTAIRE

Qu'en faut-il davantage?

Caton nous hait, qu'il meure.

PHEMIÈRE PARTIE. 111

CATON

Enfants dégénérés Des Romains d'autrefois ! eh quoi, vous murmurez? Osez donc soutenir qu'ils étaient vos ancêtres. On était pauvre alors, mais on vivait sans maîtres. Vous, vous en voulez un. Ce maître va venir Et votre servitude est là pour vous punir.

Il insulte le peuple.

CATON

Oui, César, je t'accuse, Tu sais ce que tu fais et tu n'as point d'excuse ; Laisse à Valinius, un bas agitateur, Ces moyens dont devrait rougir un sénateur. Un consul, et descends de ce lieu qui s'indigne De se voir profané, car tu n'en es plus digne. Toi qui veux d'un affront marquer ton consulat, Et corrompre le peuple en dépouillant l'Etat.

LE PROLÉTAIRE

Il outrage César, l'ami du peuple, il ose Outrager le consul.

Un groupe se forme autour du prolétaire et s'avance vers Catun. CÉSAR à demi voix à Vatlnlus.

Va, Caton sera cause De quelque trouble ici, peut-être d'un malheur : Fais-le se retirer.

VATIMUS élevant la voix.

C'est un perturbateur.

Chassez-le du forum.

On pousse Caton hors du forum.

11}? CESAR

CftSAR.

Iloinains, ici je rosle El propose ma loi.

CATON rcpnrniss.niit irnii ■iiilic (-(Ué.

Coii'rc L'Ile je luolcslc,

M' pnOLfiTAinr, kt son nnoupr,.

Encor Calon. La un ni

CÉSAR

Ils le UiLTonl! Calon, J'ordonne qu'on t'arrêle.

CATON

Allons (ionr en prison.

UN GRAND NOMBRE DE VOIX

Faire arrêter Calon, c'est une violence. Nous le suivrons.

CÉSAR

Boaiiroup le suivent en silenre.

Et lui marche en prison, calme, sans murmurer.

A un tiibiiii.

Je ne puis le soulliir. — Allez le délivrer,

C A T 0 N à Lucullus et il son ami.

Eh bien! qu'avez-vous fait pour soutenir la cause Que vous deviez défendre.

LUCULLUS

Eh ! que sert qu'on s'expose A des cris, des affronts, d'odieux traitements?

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