PREMIÈRE PARTIE
L'AMI DE LUCULLUS
Il a besoin de vous.
LUCULLUS
Et vous serez sa dupe.
CÉSAR
Il en est parmi vous qui misérablement
Vivent et que la faim menace à tout moment,
Qu'attend, pendant que nous, les heureux de ce monde,
Goûtons tous les plaisirs, injustice profonde!
Une mort misérable en leurs tristes abris ;
Rome doit des secours à ses malheureux fils.
Je propose une loi que je crois salutaire;
L'heureuse Campanie est une riclie terre,
Qu'elle soit partagée et passe dans les mains,
Pour alléger leur sort, de vingt mille Romains,
Ayant ou trois enfants ou plus.
UN GRAND NOMBRE DE VOIX
Soit acceptée Cette loi de César.
CATON
Qu'elle soit rejetée.
Je la tiens dangereuse. On veut vous acheter, Quand vous serez vendus...
VATINIUS.
Gardez-vous d'écouter • Votre ennemi Caton .
LE PRO LfiTAIRE.
Oui, que Caton périsse.
Car il est l'ennemi du peuple.
110 CÉSAR
Ne veut pas...
CATON
La justice
VATINIUS.
\a' CDiisul, le iiouiilc, les liiliiiii.s Le \('iil('iil.
L'AMI DE LUCULLUS ACaiop,
Ces discours sont-ils bien opportuns?
LUCULLUS
Qu'espères-tu, Caton?
Est-ce là ton courage Dans la guerre éprouvé?
LUCULLUS
L'on se calme avec l'âge.
L'AMI DE LUCULLUS
Parle et compte sur nous.
CATON inontcint sur un endroit élevé.
Je parlerai d'ici.
Quelqu'un m'a menacé de la mort, me voici.
t'ii silence.
Romains, César vous trompe, il veut votre esclavage.
VATINIUS.
il accuse César.
LE PROLÉTAIRE
Qu'en faut-il davantage?
Caton nous hait, qu'il meure.
PHEMIÈRE PARTIE. 111
CATON
Enfants dégénérés Des Romains d'autrefois ! eh quoi, vous murmurez? Osez donc soutenir qu'ils étaient vos ancêtres. On était pauvre alors, mais on vivait sans maîtres. Vous, vous en voulez un. Ce maître va venir Et votre servitude est là pour vous punir.
Il insulte le peuple.
CATON
Oui, César, je t'accuse, Tu sais ce que tu fais et tu n'as point d'excuse ; Laisse à Valinius, un bas agitateur, Ces moyens dont devrait rougir un sénateur. Un consul, et descends de ce lieu qui s'indigne De se voir profané, car tu n'en es plus digne. Toi qui veux d'un affront marquer ton consulat, Et corrompre le peuple en dépouillant l'Etat.
LE PROLÉTAIRE
Il outrage César, l'ami du peuple, il ose Outrager le consul.
Un groupe se forme autour du prolétaire et s'avance vers Catun. CÉSAR à demi voix à Vatlnlus.
Va, Caton sera cause De quelque trouble ici, peut-être d'un malheur : Fais-le se retirer.
VATIMUS élevant la voix.
C'est un perturbateur.
Chassez-le du forum.
On pousse Caton hors du forum.
11}? CESAR
CftSAR.
Iloinains, ici je rosle El propose ma loi.
CATON rcpnrniss.niit irnii ■iiilic (-(Ué.
Coii'rc L'Ile je luolcslc,
M' pnOLfiTAinr, kt son nnoupr,.
Encor Calon. La un ni
CÉSAR
Ils le UiLTonl! Calon, J'ordonne qu'on t'arrêle.
CATON
Allons (ionr en prison.
UN GRAND NOMBRE DE VOIX
Faire arrêter Calon, c'est une violence. Nous le suivrons.
CÉSAR
Boaiiroup le suivent en silenre.
Et lui marche en prison, calme, sans murmurer.
A un tiibiiii.
Je ne puis le soulliir. — Allez le délivrer,
C A T 0 N à Lucullus et il son ami.
Eh bien! qu'avez-vous fait pour soutenir la cause Que vous deviez défendre.
LUCULLUS
Eh ! que sert qu'on s'expose A des cris, des affronts, d'odieux traitements?