‹ César, scènes historiquesChapitre 64 sur 261 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

CATON

Le vainqueur de Tigrane a de tels sentiments !

LUCULLUS

Que veux-tu? j'aime mieux en bataille rangée Affronter l'ennemi qu'une plèbe enragée.

L'AMI DE LUCULLUS

Ce sont combats sans gloire où notre dignité Souffre inutilement.

CATON

Souffrir pour l'équité Est toujours glorieux, le bruit n'est pas la gloire, Un honorable affront vaut mieux qu'une victoire.

Pompée parait dans la tribune à côté de César. CÉSAR.

Romains, nos ennemis qui se sont emportés,

Vous venez de le voir, à des témérités,

Vous pourriez les punir, il vaut mieux faire grâce.

CATON

C'est à toi seul qu'il faut, factieux, qu'on la fasse.

CÉSAR montrant Pompée à côté de lui dans la triliune.

Voilà l'heureux vainqueur de l'Orient, celui

Qui ti'iompha trois fois, le plus grand d'aujourd'hui,

Un général vaillant illustré dans la guerre,

Un grave citoyen que le sénat révère.

Peuple, Pompée aussi, Pompée est avec nous.

CATON

Ou plutôt tous les deux s'entendent contre vous.

114 CKSAU.

No i'oin|ii('iiils-lii (lune rifii, plrlii- loiijoiii's Iromiicc ? L'un fait son iiistriiiiuMil de raiilic, cl idi, roiiiin'c, No s:\iirais-tii iloiu' voir, loi (|ii(' h \aiiiir' Avoiliîlo, (Ml (|iii'll('s iii;iiii^, siiii|i|i', In l'es jcio ! Ci'sar à son secours en ce nioniont l'invoiiuo, Mais do la conlianco en liii-niiMno il so iii()i|iio, Va, tçrandis ton rival par dohoniiairotô, Il le fera payer cher la crédulité.

L'AMt DK LUCULLUS.

Ce jugement, Galon, me semble bien sévère.

CATOiN.

Juste, et prochainement s'accomplira, j'espère.

CÉSAR

Pompée a de César une autre opinion.

Écoutoz-le.

L'AMI DE LCCULLUS.

Ecoulons, j'ai de l'alTection Pour Pompée.

LUCULLUS

Oui, oui, crois dans ce faux honnête homme Qui se perdra lui-même en voulant perdre Rome.

POMI^ÉE.

Romains, on méconnaît ici deux citoyens

De qui l'amour du peuple a formé les liens.

A'ous connaissez mon nom, depuis longtemps; la gloire

A couronné mon front de plus d'une victoire.

Cette gloire, ce nom, voudrais-je les ternir.

S'il fallait redouter César, le soutenir?

Moi qu'aime le sénat et que le peuple honore

Je vous réponds de lui. Je ferai plus encore,

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