‹ César, scènes historiquesChapitre 75 sur 261 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

NÉPOS

Nous venons dans la foule à L-ucques accourue Présenter à Cysar nos salutations, César heureux vainqueur des mille nations De la Gaule...

Pas mille en cor... de quelques-unes.

NÉPOS

Il faut des qualités rares et peu communes, Pour, en si peu de temps, avec peu de soldats, Vaincre des ennemis nombreux en cent combats.

CÉSAR

Cent, c'est encor beaucoup, douze combats à peine, Et contre des Gaulois la légion romaine.

APPIUS

J'admire que chez eux trouvant des alliés. Tu saches profiter de leurs inimitiés.

CÉSAR

Ah! c'est là le grand art, oui, d'une main habile Conduire les humains, les vaincre est plus facile.

NÉPOS

Facile pour toi seul : et, quel autre en trois ans

Aurait accumulé tant de faits éclatants?

Belges et Nerviens, tous ces peuples sans nombre

Atteints dans leurs marais ou dans la forêt sombre

Enveloppés, surpris par ta célérité;

Et, dans les flots rougis du lac ensanglanté,

Quand se continuait la terrible mêlée,

Quand gravissant des morts la masse amoncelée,

i:V.> CKSAH.

Ilarharos el Homains, l'un sur l'aiiliv oxpii'anl/ Se coinliatlaicMil oiu'uro el liiaient en inouraiil, Toi, le front calme et l'teil fi'oideineiil m trépide, Tu ilirisîeais les coups île dm regard rapide, Alors, César, alors, qui ne l'cùl piochimé, 0 toi, chef invincible el guerrier consomm»^. Des Romains divisés le souverain arbitre, Fait pour leur commander il n'importe à ipiel titre?

CÉSAR

Népos, un tel discours s'écoute en souriant. Ainsi l'on traiterait un roi de l'Orient. Je suis un général de cette république Et je n'aspire à rien qu'à l'estime j)ubli(iur'.

APPIUS

Bien César, et je crois à la sincérité

A |)iirt.

Ainsi qu'un souverain il est déjà llatté.

NÉPOS

En roi ce n'est pas moi seulement qui te traite, (Chacun vient t'adorer et ta cour est comi)lete. A Lucques aujourd'hui sont deux cents sénateurs Assemblés, on y voit, dit-on, cent vingt licteurs, Tant se pressent ici les hommes consulaires.

CÉSAR

Je dois tout cet honneur aux votes populaires.

APPIUS

César, nous te laissons, voici que vient vers toi Pompée avec Crassus.

CÉSAR

Adieu.

Ils sortent.

Page 1