DEUXIÈME PARTIE
CÉSAR
Il parle, vous voyez, parfois très-sagement.
CRASSUS
Oui, mais il a loué Bibulus.
CÉSAR
Je pardonne A cet infortuné les louanges qu'on donne. Cependant, il nous faut surveiller Cicéron Et le tenir; il a de l'éloquence, un nom, Il compte; savez-vous, ce que nous devons faire? Écrivez-lui tous deux que je suis en colère Très-fort, et le voilà tout troublé; c'est un jeu, Car, ma colère au fond, je l'éprouve très-peu. Cicéron nous viendra tôt ou tard, je parie, Il suffira d'un grain d'adroite flatlerie. Mais traitons un sujet beaucoup plus sérieux : Il faut que vous soyez consuls.
POMPÉE
Moi, j'aime mieux Vivre dans la retraite encore cette année. De lauriers assez beaux ma tête est couronnée Pour n'être pas pressé d'en cueillir de nouveaux; On peut se reposer après de tels travaux. Je me plais à jouir du bonheur domestique Avec ta Julia. C'est une femme antique. Adorant son époux, je vis près d'elle heureux.
CRASSUS à César.
De ta fille, on le sait. Pompée est amoureux Et son âme s'endort assoupie et charmée Voluptueusement, près d'une femme aimée ;
136 CÉSAR
Sans soin do l'avoiiir, oul)liaiil \o pass(^, Si par sa jeune époiiso il est, bien caressù.
CÉSAR
A i>iirl. Ilniit h r.rnssus.
Jtilia m'a compris. Mais toi, fais violence A ton oisiveté, sois consul.
CRASSUS
L'indolence Est assez de mon goût, quand on a beaucoup d'or On devient paresseux.
CÉSAR
En avoir plus encor, N'est-ce rien ? obtenir cette riche conquête, LeParthe...
CRASSUS
Oh ! pour cela, je pars, rien ne m'arrête.
CÉSAR
Tu ne peux l'obtenir que par le consulat.
CRASSUS
Eh ! bien, soyons consul et volons au combat.
CÉSAR.-
Mais que Pompée aussi consente, ou bien l'on nomme Domitius.
CRASSUS
Eh ! quoi, l'on préfère cet homme Sans gloire à toi. Pompée !
POMPÉE
Il est vrai, ce serait Une indignité. Rome un jour en rougirait.
DEUXlÉMi; PAUilt:. JiT
CÉSAR
Sans doute, mais alors il faut prendre la peine De te faire nommer, élection certaine Si tu veux. Moi je puis de loin te seconder. Toi-même à réussir tu dois aussi t'aider. De l'emporter sur toi, Domitius se vante; Son crédit m'inquiète et son nom m'épouvante, Car ces Domitius sont très-grands.
POMPÉE
L'on verra Ce que c'est quand contre eux Magnus se produira.
CÉSAR
Ainsi tous deux consuls pour la prochaine année.
POMPÉE
Oui.
CRASSUS
Oui.
CÉSAR
C'est une aflaire entre nous terminée. Heureusement pour moi, car ce Domitius Voudrait me rappeler, mais Pompée et Crassus De la sorte avec moi n'agiront pas sans doute.
POMPÉE
Tu resteras cinq ans en Gaule.
CRASSUS
Quoi qu'il coûte D'argent et de soldats pour l'expédition.
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Unis, lions pouvons lonl. (lardons ceKo union, Noire Iriiinivii-.il, ronnno rli;u'iin l'iippiMlt^ Pur do loiit dillÏMond cl do loule (iiirnlle, Surloul ayez trrand soin toujours do m'inforincr Des candidals (iii'il tant que je fasse nommer. Les colTres des (îaulois contiennent des richesses Assez grandes, (mi luni y puiser des Iarj2;esses, Et, par ce moyen-là, mettre dans les emplois Des magistrats très-siirs dont nous aurons les voi\. Vous combaltrez tous ceux que l'on voudiait élire, A nos conditions s'ils ne veulent souscrire. Moi, je ferai pour vous de môme et mes amis Fermeront les abords à tous vos ennemis. • Adieu, je m'en vais vaincre Atrébafes, Teuctères, Ussipètes, quels noms! ah ! je plains les Tlomères Qui chanteront un jour en Gaule mes hauts faits; . Car comment mettre en vers des noms aussi mal faits?