DEUXIÈME PARTIE
Pour prix de cent périls à leur profit bravés, Les dédains de ces grands que j'avais tous sauvés. Je cherche, au milieu d'eux je n'aperçois personne Qui veuille franchement le bien, et j'abandonne A mon tour ce parti qui m'avait délaissé. Alors, entre leur perte et la mienne placé. Voyant que les vertus, les lois n'ont plus d'empire, Je change de maxime et j'en viens à me dire Que sans doute il fallait sauver ma dignité. Mais céder, d'autre part, à la nécessité; Ne pas me perdre en vain, pour moi sans avantage. Ni pour l'État. J'adopte un tempérament sage, Ne point sacrifier la patrie à moi... Mais Ne pas trop oublier non plus mes intérêts, Ménager qui peut tout, qui peut servir ou nuire, A qui rien ne résiste ; en un mot me conduire, Suivant les temps fâcheux où nous vivons. Caton, J'ai trouvé ce conseil quelque part dans Platon.
CATON
Les livres, je le sais, font ta philosophie;
Moi, la mienne, consiste à bien régler ma vie.
Quand j'ai vu clairement le chemin du devoir,
J'y marche, et par de là je ne veux plus rien voir.
Des hommes, des partis que fait l'mgratitude?
D'un peuple fatigué que fait la lassitude? ■
Est-ce pour le succès qu'on est honnête? et rien
Fera-t-il que le bien soit mal et le mal bien?
Que l'avenir inspire espoir ou défiance,
Cela n'a pas à faire avec la conscience.
Mais nul ne veut vraiment la grandeur de l'Etat,
Mais chacun songe à soi, — que m'importe? Un soldat.
Lorsqu'il voit que l'armée éprouve une défaite,
Doit-il abandonner son poste ou tenir tête
ir)0 , CÉSAK.
A roniKMiii vaiii(|iiiMir, jiis(|irau diTtiicr inoinenl, El mourir i^rnotv sur le n'Iiiiiicliciiii'iil? lloïKC d»^ lil)('rl('', (lit-oii, ii csl |>|iis caïKible; S'il cil ôtail ainsi, Ruine serait eoiipahle. Elle en serait piinicî et l'aurait mrrilé; .M;iis. t'iiiii il |)(»iir cela Iraliir la liberté? l'aire i|u aiihnir de moi je !a \ois nuMiacéo, Est-elle ildiic moins sainte au fond de iiii |M>ns6c? C'est le contraire; et plus je la trouve en dani^er, Plus je sens qu'il la faut défendre, ou la venger.
Un esclave apporte j"» Cicéron une lettre. L'ESCLAVE.
Une lettre qui vient de Bretagne.
CICÉRON
Une lettre 1
A Cafon.
Je te réfuterai plus tard; veux-tu permettre?
CATON
Lis, c'est ton cher César.
Ah ! véritahlenient.
Ce César que tu hais est un homme charmant. Le croirais-tu, de l'île attaquée et surprise, Et parmi tous les soins de sa grande entreprise, César, sur le rivage, au moment de partir. Trouve, il pensait à moi, le temps de m'avertir De son prochain départ, du succès de ses armes. Et quelle attention pour moi pleine de charmes! Mon frère était absent, lui, pour me rassurer 11 m'écrit... c'est touchant.
CATON
Ne vas-tu pas pleurer ?